Oeuvres de l’ordre équestre du Saint-Sépulcre en France
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Actualité



Rentrée 2017-2018 : Interview du Père Iyad Twal, Directeur des écoles du Patriarcat

 

21 septembre 2017

TERRE SAINTE – Suite à la rentrée scolaire, le bureau de presse du Patriarcat latin a interrogé le père Iyad Twal, Directeur général des Ecoles du Patriarcat latin en Israël et en Palestine. Il nous répond sur le contexte de cette rentrée et sur l’orientation qui sera donnée à cette nouvelle année scolaire.

Père Iyad, la rentrée pour les Ecoles du Patriarcat, dont vous êtes le directeur en Israël et en Palestine, s’est faite il y a peu. Pouvez-vous nous dire dans quel contexte elle s’est effectuée ?

Pour bien aborder cette nouvelle année, nous avons commencé à travailler dès la fin de l’année précédente. Nous avons mené une étude en distribuant un questionnaire dans lequel nous avons recueilli des informations sur les aspects administratifs, financiers et éducatifs de chaque école. Les résultats varient et dépendent des caractéristiques de chacune d’entre elles mais toutes partagent les mêmes défis de communication que ce soit avec les parents ou les Ministères de l’enseignement supérieur en Palestine et en Israël.

Les préparatifs comprenaient également un atelier au cours duquel les résultats du questionnaire ont été examinés et interprétés par une équipe de professionnels comprenant des directeurs d’école, des assistants administratifs, des secrétaires et des travailleurs sociaux. Pour ce qui est des bâtiments, nous avons effectué la rénovation annuelle et l’entretien des installations. Nous avons également réaménagé l’école maternelle à Beit Sahour. D’autre part, nous avons procédé à quelques changements à l’intérieur du corps enseignant.

Sur le plan financier, nos principaux fonds proviennent du Patriarcat Latin de Jérusalem et des Chevaliers du Saint-Sépulcre. Nous avons cependant mis en place une nouvelle politique financière pour collecter les frais de scolarité qui convient à la fois aux parents et au Patriarcat. En outre, nous essayons de créer de nouveaux programmes d’échange et de jumelage afin de soutenir l’ensemble du secteur : étudiants, travailleurs et enseignants.

Qu’en est-il des écoles chrétiennes en Israël ?

Nous avons réussi à obtenir une bonne partie des fonds préalablement convenus avec le gouvernement israélien, et ils ont accepté de compléter les dettes précédemment contractées.

Chaque année appelle de nouveaux objectifs ou de nouveaux défis. Quels sont ceux de l’année 2017-2018 ?

Pour nos écoles en Palestine, nous avons créé un programme d’accompagnement des écoles sur les questions pédagogiques et académiques à l’aide d’ateliers réguliers mis en plAce par une personne en charge de ces questions . Nous avons également achevé les nouveaux programmes d’éducation chrétienne. Après l’accord avec le Ministère palestinien de l’éducation, plusieurs comités ont été formés sous la supervision du Secrétariat général des écoles chrétiennes. Le manuel scolaire de catéchisme, qui s’adresse à tous les chrétiens, couvre l’ensemble du programme du CP à la Première.

En ce qui concerne le manuel de Terminale, qui est l’un des défis auxquels nous sommes confrontés, la question est de savoir si oui ou non une épreuve catéchétique sera mise en place au baccalauréat. D’un côté, certains responsables spirituels ont manifesté leur intérêt pour intégrer une telle épreuve et lui donner ainsi une certaine visibilité et renforcer les relations avec le Ministère. Une épreuve de ce type pourrait être envisagée par le Ministère pour les musulmans et les chrétiens. D’un autre côté, certains craignent que cet enseignement ne perde sa profondeur spirituelle, le réduisant à un simple sujet. Jusqu’à présent, il n’y a toujours pas de décision claire sur la question. Nous attendons que les évêques et les responsables des Eglises décident de l’opportunité ou pas de la mise en place d’une telle épreuve.

Le troisième défi est d’améliorer la coopération entre les écoles patriarcales et les autres écoles chrétiennes. En raison de l’évolution sociale de notre vie et de la conscience de l’importance de la coopération entre nous, les écoles du Patriarcat latin ont mené une initiative visant à unir toutes les écoles chrétiennes sous l’égide du Secrétariat général des écoles chrétiennes. Ce projet s’est avéré très difficile à réaliser en raison des différences ecclésiastiques, administratives et financières des différentes écoles. Néanmoins, nous avons un but commun qui est de travailler ensemble pour servir la communauté chrétienne.

Vous avez pris vos nouvelles fonctions de directeur il y a tout juste un an. Comment avez-vous vécu cette année ? A la suite de celle-ci, quels sont vos inquiétudes et vos espoirs ?

Cette première année fut une riche expérience pour moi. J’ai assumé mes fonctions d’une manière à laquelle je ne m’attendais pas. J’ai passé toute l’année dernière à consulter et découvrir petit à petit la réalité qui m’entoure. Ma mission principale était de maintenir la confiance des gens dans nos institutions malgré les changements, ainsi que notre responsabilité envers le grand nombre d’employés, d’étudiants et de parents. Je considère cette responsabilité comme une grande mission de l’Église, et j’ai mis ma foi et ma confiance dans tout le personnel administratif, le personnel enseignant et les prêtres des paroisses.

Les écoles du Patriarcat reçoivent un beau soutien de l’étranger à travers les Réseau Barnabé et le Programme Hope. L’année qui commence comprendra-t-elle de tels échanges et rencontres ?

L’histoire de nos écoles reconnaît la présence de la communication ouverte avec d’autres institutions qui partagent notre objectif concernant la présence chrétienne en Terre Sainte. Nous avons déjà mis en place un certain nombre de programmes productifs dans quelques écoles – Le Programme Hope et Le Réseau Barnabé – avec diverses paroisses et églises dans le but de les développer. Nous avons également des programmes de formation pour les professeurs de français en collaboration avec le Consulat général de France et le Réseau Barnabé, ainsi que des formations pour les professeurs d’anglais et divers ateliers. Chaque programme a été réalisé sur la base de notre vision stratégique pour nos écoles. Chaque atelier a été étudié et mis en œuvre en fonction de la réalité dans laquelle nous vivons. Nous adaptons uniquement les expériences qui correspondent à nos critères locaux pour en assurer le succès.

Existe-t-il des programmes de suivi avec les étudiants après l’obtention du diplôme ?

C’est une excellente idée, et nous espérons en développer pour maintenir le lien avec eux. Cependant, cela demande beaucoup de temps et d’efforts en raison du grand nombre de diplômés chaque année. Malgré cela, la relation entre les écoles et les paroisses étant très forte, une communication étroite entre elles et les élèves a pu être maintenue, car la plupart d’entre eux sont restés dans la même ville ou dans la même paroisse. De ce fait, nous les rencontrons régulièrement dans divers événements.

Propos recueillis par Cécile Klos
https://www.lpj.org/?lang=fr



 


« Je veux servir l’Ordre dans la continuité avec mon prédécesseur »

 

3 août 2017

29 juin 2017-Entretien exclusif avec l’Ambassadeur Leonardo Visconti di Modrone, nouveau Gouverneur Général de l’Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem.

Propos recueillis par François Vayne,
pour le Service Communication du Grand Magistère de l’Ordre du Saint-Sépulcre

Excellence, quels sont vos sentiments au moment de votre entrée en fonction comme Gouverneur Général de l’Ordre du Saint-Sépulcre, que ressentez-vous profondément ?

Je suis habité par une certaine appréhension, étant bien conscient qu’il s’agit d’une charge très importante dans l’Eglise pour le service de nos frères de Terre Sainte. Le Professeur Agostino Borromeo a consacré sa vie professionnelle à l’histoire de l’Eglise et a toujours vécu son engagement dans l’Ordre comme une mission ecclésiale, il était donc très préparé à assumer durant deux mandats cette responsabilité de Gouverneur. Rendons-lui hommage car son bilan est florissant : nous n’avons jamais eu autant de membres et autant de donations. Pour ma part je viens d’une expérience très différente de la sienne, j’ai servi mon pays dans la carrière diplomatique, comme ambassadeur, ce qui m’a donné de tisser des relations de premier plan au niveau international, ce qui sera certainement utile à notre institution pontificale dont la dimension est universelle. Cependant j’ai encore beaucoup à apprendre de mes consœurs et confrères, les Dames et les Chevaliers, répartis dans le monde entier, et je compte sur Agostino Borromeo pour m’accompagner, surtout dans la première phase de mon mandat de quatre ans. Je veux servir l’Ordre dans la continuité avec mon prédécesseur.


Vous avez parlé de votre grande expérience diplomatique, en quoi précisément pourra-t-elle être particulièrement utile dans l’exercice de vos nouvelles fonctions, aux côtés du Grand Maître, à la tête de l’Ordre ?

Les Lieutenances et les Délégations Magistrales qui structurent la vie de l’Ordre sur tous les continents sont un peu l’équivalent des ambassades pour un gouvernement. Regardant la carte de nos représentations périphériques dans de nombreux pays, je pense à mon travail qui consista - pendant plus de quarante ans - à dialoguer avec un réseau diplomatique multilatéral. C’est cette expérience de dialogue que je peux mettre à disposition de l’Ordre pour favoriser la concertation dans l’échange, la cohérence dans l’action et une dynamique de communion entre toutes et tous. Il me faudra visiter les Lieutenances, entretenir les contacts fréquents avec nos responsables locaux, dans la continuité avec ce qu’a réalisé le Professeur Borromeo et dans le respect des directives de notre Grand Maître nommé par le Saint-Père, Son Eminence le cardinal Edwin O’Brien. Lui-même donne l’exemple : il voyage beaucoup pour rencontrer nos membres, encourager leur vie spirituelle et leur mission de service à l’Eglise Mère qui est en Terre Sainte. Ses visites sur le terrain depuis quelques années ont revitalisé l’Ordre d’une manière vraiment exceptionnelle.

Votre bras droit, l’Ambassadeur Alfredo Bastianelli, Chancelier de l’Ordre depuis environ un an, a été un de vos proches collaborateurs dans la carrière diplomatique. Comment le tandem que vous allez former avec lui fonctionnera-t-il ?

Je suis en effet très heureux de retrouver mon collègue et ami l’Ambassadeur Alfredo Bastianelli. Nous avons travaillé ensemble au ministère italien des affaires étrangères, dans la confiance, pendant de nombreuses années. Chancelier de l’Ordre, sa connaissance des dossiers en cours me sera d’une grande aide notamment lors de mes premiers pas comme Gouverneur Général. Nous continuerons à travailler en grande proximité et complémentarité, comme nous l’avons fait précédemment durant notre carrière diplomatique commune.

Quelle est selon vous l’actualité de l’Ordre, et les défis qu’il doit relever dans les années qui viennent ?

L’Ordre est important pour l’Eglise et la société, mais il mérite une plus grande considération car il est trop souvent méconnu de l’opinion publique mais aussi du monde politique. Nous sommes par exemple honorés que le président de la République italienne, Sergio Matarella, soit membre de l’Ordre. Son engagement pourrait inspirer d’autres autorités qui, en se rapprochant de notre institution pontificale, contribueraient à développer une synergie au service des habitants du Moyen-Orient qui souffrent tellement en ce temps de « guerre mondiale par morceaux » selon l’expression du Pape. Notre action en Terre Sainte est en effet essentielle, en particulier à travers les œuvres d’éducation que nous soutenons en Jordanie, en Palestine, en Israël et à Chypre, sur le vaste territoire du Patriarcat Latin de Jérusalem. Nous aurons à accroître encore notre communication pour participer à des initiatives en faveur de la justice et de la paix dans cette région du monde où les populations aspirent à la fraternité et à la sérénité dans le dialogue des cultures et le respect des diverses traditions religieuses.

Le Pape compte sur l’Ordre du Saint-Sépulcre pour continuer à soutenir les chrétiens du Moyen-Orient, dont le rôle médiateur est essentiel : ils forment comme un pont entre les communautés, témoins de l’ouverture à l’autre et acteurs de dialogue en fidélité à l’Evangile du Christ. Pour mettre encore mieux en œuvre cette mission qu’est-ce que l’Ordre devrait selon vous améliorer dans son fonctionnement ?

Le Saint-Père nous invite à la cohérence évangélique. Ses directives nous interpellent : nous devons donner beaucoup moins d’importance à l’aspect extérieur de notre appartenance à l’Ordre et privilégier notre engagement intérieur, spirituel, afin d’enraciner en profondeur notre combat pour le dialogue et la justice sociale en Terre Sainte. Ma conception de l’Eglise est en plein accord avec celle du Pape François, et je souhaite que les membres de l’Ordre mettent toujours davantage le cap sur l’Evangile vécu en délaissant tout ce qui de près ou de loin pourrait évoquer la vanité, l’orgueil et la « mondanité ». Dans ma famille, c’est cette expression de la foi catholique que mon épouse et moi avons cherché à transmettre à nos trois enfants et c’est aussi ce dont nous témoignons maintenant auprès de nos six petits-enfants. L’humilité est le seul chemin pour que rayonne dès ici-bas la joie du Royaume de Dieu.


Quel est le premier message que vous souhaitez adresser aux membres de l’Ordre en ce moment historique de votre prise de fonction ?

J’appelle tous les membres de l’Ordre à l’unité, et je leur demande de renforcer leur participation effective à la résolution des problèmes en Terre Sainte, spécialement en allant le plus souvent possible en pèlerinage sur place, au contact des personnes. Pour ma part j’ai été très marqué depuis l’adolescence par mes pèlerinages en Terre Sainte - j’ai eu la chance de vivre quelques semaines dans un kibboutz à l’âge de 13 ans avec d’autres pèlerins et mon curé de paroisse - et je crois que nous devons tout faire pour entraîner des plus jeunes à aimer cette terre où le Dieu fait homme a donné sa vie pour nous apprendre à vivre en frères. En ce sens, les célébrations liturgiques ne doivent pas être surdimensionnées par rapport à notre mission de solidarité, elles n’ont de sens que pour nourrir spirituellement notre engagement au service des œuvres de l’Eglise sur les territoires bibliques que le Pape confie à notre sollicitude. Pour cela nous avons à créer des synergies locales avec toutes les forces politiques, sociales et économiques, désireuses de favoriser la paix et la justice sur ces terres de souffrance et d’espérance. Préparons-nous à la Consulta de 2018, qui réunira les responsables de l’Ordre, afin d’accueillir nos nouveaux statuts en vue d’adapter ensemble notre action aux enjeux qui nous attendent. L’urgence est à la cohérence.



 


Les défis du nouveau Gouverneur de l’Ordre du Saint-Sépulcre

 

3 août 2017

VATICAN – Le 29 juin dernier, l’Ambassadeur Visconti di Modrone, a pris ses fonctions de Gouverneur Général de l’Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Communication, cohérence et unité sont ses mots d’ordre.

Il n’y a pas plus rôdé aux rouages diplomatiques. Le nouveau gouverneur de l’Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem (OESSJ) compte bien mettre à profit son expérience de diplomate pour le mandat de quatre ans qui s’ouvre à lui. Mission lui est confiée de coordonner l’activité de près de trente mille « Chevaliers » et « Dames » de cette institution au service de l’Eglise de Terre Sainte, refondée en 1847 par Pie IX pour accompagner la restauration du Patriarcat Latin de Jérusalem. Et ce, en Jordanie, en Palestine, en Israël et à Chypre, soit sur la juridiction du Patriarcat Latin, avec une dévotion spirituelle, sociale et caritative.

Dans un entretien exclusif au Service Communication du Grand Magistère de l’Ordre du Saint-Sépulcre, Leonardo Visconti di Modrone, le nouveau gouverneur qui a officiellement pris ses fonctions le 29 juin 2017, exprime son souhait de mettre à disposition de l’Ordre son « expérience de dialogue ». Fruit de 40 années de carrière passées dans les antichambres de la planète. « J’ai servi mon pays dans la carrière diplomatique, comme ambassadeur, ce qui m’a donné de tisser des relations de premier plan au niveau international, ce qui sera certainement utile à notre institution pontificale dont la dimension est universelle. » Pour ce faire, le comte Leonardo Visconti di Modrone envisage déjà de visiter les Lieutenances et les Délégations Magistrales qui structurent la vie de l’Ordre sur tous les continents qui sont, selon ses propres mots « un peu l’équivalent des ambassades pour un gouvernement. » L’Ordre est de fait composé de plus de 60 Lieutenances et Délégations magistrales, dans presque 40 pays. Ce n’est pas par hasard d’ailleurs que l’une des premières tâches importantes à venir sera de préparer la prochaine assemblée quinquennale mondiale « la Consulta » de 2018. Elle devrait réunir tous les responsables de l’Ordre. Occasion sera donnée de rédiger les nouveaux statuts en vue d’adapter l’action de l’Ordre aux enjeux qui l’attendent. Et de défis, il n’en manque pas !

« L’urgence est à la cohérence »

Il y a d’abord, un désir d’« accroître encore » la communication de l’institution. Jugeant l’importance de l’Ordre pour l’Eglise et la société, le nouveau gouverneur estime que l’opinion publique et le monde politique ne connaissent pas suffisamment son rôle. Plus de communication, dès lors, permettrait à l’Ordre de « participer à des initiatives en faveur de la justice et de la paix dans cette région du monde (NDLR : le Moyen-Orient) où les populations aspirent à la fraternité et à la sérénité dans le dialogue des cultures et le respect des diverses traditions religieuses. »

Priorité sera aussi donnée « à la cohérence évangélique » pour améliorer le fonctionnement de l’Ordre. Le nouveau gouverneur n’hésite pas à rappeler que « l’urgence est à la cohérence. » Pour cela un cap, l’humilité : « Nous devons donner beaucoup moins d’importance à l’aspect extérieur de notre appartenance à l’Ordre et privilégier notre engagement intérieur, spirituel, afin d’enraciner en profondeur notre combat pour le dialogue et la justice sociale en Terre Sainte. » Se glissant dans les pas du Pape François, il appelle les membres de l’Ordre à délaisser « tout ce qui de près ou de loin pourrait évoquer la vanité, l’orgueil et la ‘mondanité’. » A ce titre, il lance une injonction ardente à tous les membres : « les célébrations liturgiques ne doivent pas être surdimensionnées par rapport à notre mission de solidarité, elles n’ont de sens que pour nourrir spirituellement notre engagement au service des œuvres de l’Eglise sur les territoires bibliques que le Pape confie à notre sollicitude. »

Enfin, le tout frais gouverneur invite « tous les membres de l’Ordre à l’unité. » Intimement convaincu que la Terre Sainte « où le Dieu fait homme a donné sa vie » peut leur « apprendre à vivre en frères. » De plus, le gouverneur de l’Ordre demande à tous ses membres de « renforcer leur participation effective à la résolution des problèmes en Terre Sainte, spécialement en allant le plus souvent possible en pèlerinage sur place, au contact des personnes. » « Nous avons, conclut-il, à créer des synergies locales avec toutes les forces politiques, sociales et économiques, désireuses de favoriser la paix et la justice sur ces terres de souffrance et d’espérance. »

Un résultat de 16,3 millions d’euros

A cette nouvelle charge qui lui incombe, Leonardo Visconti succède au comte Agostino Borromeo, en fonction depuis 2009. Il laisse sa place après deux mandats consécutifs de quatre années.
C’est donc Leonardo Visconti di Modrone, neveu du célèbre réalisateur italien Luchino Visconti qui lui emboîte le pas. Issu de la famille qui régna sur la ville de Milan de 1277 à 1447, il est membre du Grand magistère de l’Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem depuis 2014. Il estime avoir « beaucoup à apprendre » des Dames et des Chevaliers et compte bien sur le Professeur Agostino Borromeo pour l’accompagner. Ne manquant pas de rendre hommage à son prédécesseur dans « la continuité » duquel il veut s’inscrire, il qualifie de « florissant » son bilan. « Nous n’avons jamais eu autant de membres et autant de donations. », salue-t-il.

De fait, une présentation en mai dernier du bilan de l’année écoulée, faisait apparaître « un résultat exceptionnel de 16,3 millions d’euros, manifestant une générosité des membres de l’Ordre jamais égalée dans l’histoire de l’institution », rapporte le site du Grand Magistère de l’Ordre à l’occasion de la réunion de printemps 2017 qui s’est tenue les 3 et 4 mai derniers à Rome. Les membres du Grand Magistère s’étaient alors retrouvés, autour du cardinal Edwin O’Brien, Grand Maître, en présence de l’Administrateur Apostolique du Patriarcat Latin de Jérusalem, Mgr Pierbatistta Pizzaballa. A cette même assemblée, le Père Imad Twal, responsable des services administratifs et comptables du Patriarcat, avait pour sa part exposé le budget du diocèse de Terre Sainte. Il avait insisté sur les dépenses en faveur des réfugiés pour lesquels l’Eglise catholique a créé des postes de travail, notamment dans la fabrication de chapelets faits à la main et vendus aux pèlerins. « L’aide aux réfugiés à travers les paroisses représente la somme de 550 000 dollars » précise le site du Grand Magistère. Pour autant, le bilan de l’année 2016 laissait transparaître un excédent pour les institutions et le séminaire de Beit Jala, « permettant de compenser en partie le grand déficit d’ensemble, évalué à cinq millions de dollars, sans compter la dette de l’université de Madaba. » C’est pourquoi il avait été alors annoncé qu’un plan quinquennal, guidé par une commission nommée par l’Administrateur apostolique, devrait bientôt « favoriser le suivi de la gestion des écoles, œuvre essentielle et stratégique de l’Eglise en Terre Sainte qui souffre encore d’un manque de coordination. »

Source : Terra santa.net



 


Quatre nouveaux chevaliers adoubés au Saint-Sépulcre pour servir la Terre Sainte

 

4 juillet 2017

JERUSALEM – Le dimanche 2 juillet 2017, quatre jeunes Français ont été adoubés Chevaliers de l’Ordre Equestre du Saint-Sépulcre par Mgr Pierbattista Pizzaballa dans la chapelle latine de la Basilique du Saint-Sépulcre. La veille, dans l’église Sainte-Anne, une veillée d’Armes et de prières avait été organisée pour préparer cet événement majeur dans la vie de ces jeunes chevaliers.

« Seigneur par tes cinq plaies que nous portons sur nos insignes, nous Te prions. Donne–nous la force d’aimer tous les êtres du monde que Ton Père a créés et, encore plus que les autres, nos ennemis.  »

C’est par ces deux phrases que commence la prière du Chevalier. La première nous rappelle la Grande Croix de Jérusalem que portent sur leurs manteaux les chevaliers et dames que nous croisons régulièrement dans la Ville Sainte. Une croix qui les invite à s’unir à la Passion du Christ. La seconde affirme leur vocation : aimer l’autre quel qu’il soit.

En effet, les Chrétiens de Terre Sainte connaissent ici cet Ordre qui est un appui réel pour les paroisses et écoles du Patriarcat mais aussi pour les différentes communautés présentes dans le diocèse. Cependant, tous n’ont peut-être pas conscience que ces hommes et femmes rentrent dans cet Ordre pour aimer leur prochain et vivre leur Foi intensément dans leur vie de tous les jours.

Le Chancelier de la Lieutenance de France, le Colonel (er) Dominique Neckebroeck l’a redit aux quatre jeunes à la fin de l’adoubement : « Je vous invite ardemment à développer l’Agapé, l’amour charitable. Vous êtes entrés pour servir votre prochain et vivre dans la simplicité, la générosité et l’amour fraternel. »

Loup Bommier, Guillaume Angier de Lohéac, Paul Giraud et Alain Cardinaux, les quatre écuyers qui ont été adoubés dans la chapelle du Saint-Sacrement de la Basilique du Saint-Sépulcre avaient déjà entendu cet appel le samedi soir lors de la veillée de prière les préparant à l’adoubement.

Le Père Luc Pareydt sj, Conseiller religieux au Consulat Général de France, qui a présidé cette veillée en l’église Sainte-Anne en présence de M. Pierre Cochard, Consul Général de France, avait déjà invité les écuyers à prendre la posture du serviteur, à préférer l’autre à soi-même mais aussi à suivre le Christ, « même si cela doit provoquer de la pagaille » avait-il ajouté, en reprenant des paroles récemment prononcées par le pape François.

Un appel qui ne peut que résonner pour des jeunes investis depuis plusieurs années dans le mouvement des Ecuyers – un mouvement qui n’appartient pas directement à l’Ordre mais qui est soutenu et encadré par des chevaliers de l’OESSJ – et qui y ont vu une « école vers le Seigneur ».

Prière, formation, actions : ce sont les trois axes de la vie des équipes d’écuyers. « Nos réunions commencent et se terminent par un temps de prière, nous nous y retrouvons pour échanger un thème travaillé par l’un d’entre nous. Enfin nous participons aux événements des chevaliers qui permettent de faire des levées de fonds pour soutenir nos frères d’Orient. Ceux qui le peuvent font aussi du volontariat en Terre Sainte pendant leurs vacances » précisent Paul Giraud et Guillaume Angier de Lohéac.

Malgré ces premières expériences, cet engagement à vie en tant que chevaliers restera un moment fondateur dans leur existence, et le temps de prière et d’adoration à Sainte-Anne le samedi soir a permis de confier au Seigneur les derniers doutes qui auraient pu les ébranler.

Le dimanche matin, dans la chapelle latine de la basilique du Saint-Sépulcre, c’est Mgr Pierbattista Pizzaballa, Administrateur Apostolique du Patriarcat latin et Pro-Grand Prieur de l’Ordre, qui a procédé à l’adoubement des chevaliers et présidé la messe. Dans son homélie, le prélat a invité les nouveaux chevaliers à « témoigner de la résurrection du Christ dans la vie de tous les jours, le seul événement dont nous pouvons tirer de la fierté ».

Se faire adouber à Jérusalem des mains du Chef de l’Eglise latine de Jérusalem n’est guère habituel pour les chevaliers.

« Vivre ce temps à Jérusalem, être adoubé à quelques mètres de tombeau du Christ est un cadeau extraordinaire que nous n’aurions pas imaginé. Il a été rendu possible dans le cadre d’un pèlerinage en Terre Sainte organisé pour des écuyers – nos compagnons de route depuis quelques années – et cela nous a permis de le vivre en présence de communautés locales et de personnes que nous commençons à connaître au fur et à mesure de nos séjours en Terre Sainte » explique Paul Giraud.

« Mais c’est en union avec les trente et un autres impétrants de la Lieutenance avec lesquels nous nous sommes préparés à devenir chevaliers que nous avons vécu cet événement. »

Comme tout engagement d’Eglise, cet adoubement n’est pas pour ces jeunes chevaliers une finalité mais le commencement d’une vie toute tournée vers le Seigneur et vers les autres : « la retraite que nous avons vécu avec l’ensemble des futurs chevaliers avait pour thème ‘Faire de notre vie une Terre Sainte’, ce sera le programme de notre vie ».

Cécile Klos - Source LPJ

Reportage photo sur le site du Patriarcat



 


Nominations au Patriarcat latin de Jérusalem pour l’année 2017-2018

 

17 juin 2017

JERUSALEM – Mgr Pierbattista Pizzaballa, Administrateur Apostolique, annonce dans une lettre adressée aux évêque et au prêtres les nouvelles nominations au sein du Patriarcat latin de Jérusalem. Celles-ci seront effectives au plus tard le 15 août 2017.

Lire l’article de la CustodieArticle de la Custodie



 


L’édicule restauré du Tombeau du Christ

 

3 avril 2017

les Eglises de Jérusalem se sont retrouvées mercredi 22 mars 2017 dans la Basilique du Saint-Sépulcre pour contempler le résultat des dix mois de restauration de l’édicule abritant le Tombeau du Christ, lors d’une cérémonie œcuménique témoignant de l’unité qui a rendu possibles de tels travaux.

Dix mois durant, experts, techniciens et ouvriers se sont relayés nuit et jour pour restaurer avec la plus grande précaution possible, l’édicule qui protège le lieu de l’ensevelissement et de la résurrection du Christ, situé dans le chœur de la Basilique du Saint-Sépulcre. L’édicule partiellement démonté puis reconstruit à l’identique et consolidé, est presque méconnaissable. Et pourtant, seules les parties irrécupérables ont été remplacées. Aujourd’hui rendu à la lumière, sa pierre se découvre sous des nuances pastels et rosées qui ne sont pas sans rappeler les premières lueurs de l’aube. L’aube du matin de la résurrection.

Lire la suite et reportage photos

Voir également le documentaire de France 2 sur la tombe de Jésus, avec visite virtuelle à travers les temps et témoignages sur sa restauration ouverte en 2016.



 


Journées d’entraide 2017

 

13 mars 2017

Au profit de la Terre Sainte. Samedi 25 mars 2017 de 10h00 à 20h00 et dimanche 26 mars 2017 de 10h00 à 18h00.
Salle Rossini • Notre-Dame de Grâce de Passy
8 bis rue de l’Annonciation 75016 Paris • Métro : La Muette/Passy


L’Association des Oeuvres du Saint Sépulcre de Jérusalem, reconnue d’utilité publique, soutient financièrement le diocèse patriarcal latin de Jérusalem administré par Mgr Pierbattista Pizzaballa.
Télécharger l’invitation
Sa mission est de maintenir les communautés catholiques autour des Lieux Saints : elle s’étend au soutien des autres communautés afin que tous puissent vivre en paix.
Depuis plusieurs années, les populations de Terre sainte sont en grande détresse financière et morale, certains villages connaissant un chômage à 90%. L’ intégralité des recettes des journées d’entraide sera envoyée pour les écoles, les maternités, les hôpitaux, les soins de première urgence.

Ils attendent votre aide ! Soyez généreux !

L’ aide apportée par le Saint Sépulcre est totalement apolitique.

Nombreux comptoirs, Vaste choix

- Livres - Dédicaces - Liste des auteurs invités (télécharger)
- Déjeuner buffet - Salon de thé - Bar à huîtres
- Accessoires de mode H/F, Arts décoratifs, Arts de la table
- Vêtements d’enfants, Cachemire
- Maroquinerie, Bijoux Fantaisie, Curiosités, Brocante
- Peluches, Jeux éducatifs
- Vins
- Orfèvrerie, Tapis d’Orient
- Joaillerie, Objets religieux

Autres activités

- Samedi 25 mars 2017 à 20h00 précises : dîner

- Dimanche 2 avril 2017 : Tournoi de bridge



 


Terra Santa News au 31/12/2016

 

9 janvier 2017

Une vidéo du Patriarcat latin de Jérusalem

- L’échange de vœux des églises chrétiennes de Terre Sainte
- En pèlerinage au champ des bergers
- La vie des chrétiens de Béthléem
- L’année 2016 en Terre Sainte



 


Conférence de presse de Noël 2016 au Patriarcat latin

 

21 décembre 2016 2016

Conférence de presse de Noël - 19 décembre 2016

Version téléchargeable

Je voudrais vous remercier pour votre présence ici aujourd’hui au Patriarcat latin, et au nom de l’Église universelle, je vous souhaite un Noël plein de bénédictions, de joie et d’amour ! Dans notre région entourée de guerres, de violence et d’injustice, l’Enfant-Dieu dont nous célébrons la venue a tant à nous apprendre.

L’Avent, le temps qui mène à Noël, est un temps pour se préparer aux surprises de Dieu. Nous savons qu’Il vient et nous voulons être prêts à l’accueillir avec nos mains et nos cœurs ouverts. Il y a deux mille ans, Il nous a surpris quand Il est venu à nous tel un Tout-Petit, enveloppé de langes et exposé dans une mangeoire. Nous faisons mémoire de ce cadeau incroyable fait à toute l’humanité à Noël. Mais ce n’est pas seulement un temps pour se rappeler, mais aussi pour se préparer, parce que nous savons qu’Il viendra et que très probablement, Il nous surprendra de nouveau. Nous avons besoin des surprises de Dieu. Avec ces surprises, Dieu ouvre nos horizons et apporte la nouveauté qui peut changer notre monde et nos vies.

L’année qui est sur le point de se terminer a été difficile, et plus que jamais nous avons besoin que nos horizons soient ouverts et notre espérance renouvelée.

1.La situation des chrétiens en Syrie, en Irak et en Égypte est une complète tragédie. Dans ces pays, berceau de notre civilisation, le cercle vicieux de la violence qui est à l’œuvre semble désespéré et sans fin. Nous avons tous vu les images d’Alep la semaine dernière mais aussi de toute la région pendant les longues années du conflit. La Syrie et l’Irak sont détruits. Les guerres et l’usage la force n’ont pas été en mesure d’apporter la paix et la justice, mais n’ont fait qu’apporter plus de violence, de morts et de destructions. Ces guerres terribles sont aveuglément entraînées par le commerce des armes, par le jeu des intérêts des puissances, par le fondamentalisme implacable. La paix a besoin de négociations et de solutions politiques. L’armée peut gagner la guerre, mais pour construire vous avez besoin de la politique. Et nous n’en voyons pas. Beaucoup d’intérêts sont à l’œuvre dans ces guerres, mais en fait ce sont les pauvres et les impuissants qui ont en payé le prix, et ils ont payé trop cher.

2.Dans nos diocèses, en Jordanie, nous avons accueilli des milliers de réfugiés, de chrétiens, qui ont choisi d’être fidèles à leur foi, et aussi des musulmans, qui craignaient tous pour leur vie. Leur angoisse, leur soif de paix, doivent devenir les nôtres.

3.En Égypte, la communauté chrétienne est constamment menacée comme nous l’avons vu il y a une semaine avec le bombardement de cette église au Caire : vingt-cinq personnes ont été tuées pendant la messe du dimanche. Il est temps de lever les yeux vers Le Seul capable de nous sauver. Nous avons notre part de responsabilité dans ces tragédies dévastatrices : nous ne pouvons pas continuer à ne faire que parler du dialogue, de la justice et de la paix. Les mots ne suffisent plus. Nous devons lutter contre la pauvreté et l’injustice, et donner un témoignage continuel de miséricorde pour révéler au monde l’amour et la tendresse de notre Dieu.

4.Notre situation en Terre Sainte fait écho à celle du monde entier qui se trouve face à l’extrémisme croissant et face au fondamentalisme. Ce qui nous frappe, c’est que ce fondamentalisme est enraciné dans la jeune génération. Nous avons déploré plusieurs actes de vandalisme contre des chrétiens, des cimetières ou des églises, au cours de l’année. Non seulement nous voulons élever notre voix pour dénoncer de tels actes, mais nous voulons aider à trouver des solutions, aborder les problèmes à la racine, en offrant à la jeune génération un avenir meilleur. L’éducation est fondamentale dans notre vision. C’est le tout début de la construction d’un avenir meilleur pour tous. Néanmoins, nos écoles en Israël traversent encore une crise sans précédent et aucune solution concrète n’a été offerte jusqu’à présent.

5.Notre avenir semble flou. Nous manquons de vision. Les obstacles persistants à la paix en Israël et en Palestine, ainsi que le manque de dialogue et d’engagement en faveur d’une véritable paix fondée sur la justice et la sécurité, restent évidents… En raison du manque d’unité et du manque de vision des deux côtés, la haine et la violence semblent prévaloir sur la raison et le dialogue. Les faux prétextes et l’égoïsme doivent être laissés de côté, les politiciens doivent regarder avec courage leur peuple souffrant et aspirant à la paix et la justice pour tous. À Crémisan (près de Bethléem), le mur a été construit après une longue lutte et malgré nos multiples appels aux autorités israéliennes. L’expropriation de la terre des familles chrétiennes est une séquestration de leur patrimoine.

6.En Israël aussi, en tant qu’Eglise universelle, nous accueillons et nous nous occupons de milliers de travailleurs étrangers, dont beaucoup sont chrétiens. Nous essayons de rebâtir l’espérance, encore une fois avec une attention particulière accordée aux petits, aux impuissants, aux enfants. Nous avons récemment ouvert un nouvelle crèche pour les enfants de migrants à Jérusalem.

7.Face à tant de problèmes, nous devons assumer nos responsabilités, nous devons continuer à travailler à créer une mentalité de paix. Notre Eglise locale ici en Terre Sainte reconnaît également son propre besoin de renouveau spirituel et entre dans une période de réforme en termes d’organisation, d’administration et de travail pastoral.

8.Et ici nous pouvons lever les yeux et voir quelques lumières à l’horizon. Le pape François nous guide et prêche la Bonne Nouvelle. Sur le plan international, dans cette confusion politique que connaît le monde, le Pape est la seule voix claire et prophétique que nous puissions entendre et à laquelle nous pouvons faire confiance. Nous pouvons reconnaître sa voix comme celle du Bon Pasteur. Son message est universel.

9.L’Année de la Miséricorde qu’il nous a offerte de vivre, nous a recentrés sur notre mission de renforcer la confiance dans la miséricorde de Dieu, Celui qui ne se lasse jamais de nous pardonner. Dieu est le père de tous, Il est toujours en train de nous attendre et vient vers nous. Parmi les Eglises, nous devons continuer à marcher vers l’unité.

10. Les restaurations du Tombeau de Jésus à Jérusalem et de la Nativité à Bethléem, réalisées grâce à la coopération des différentes confessions, nous ont montré comment c’est seulement ensemble que nous pouvons construire sur le roc. En tant qu’Église, nous continuerons sans relâche à travailler avec les personnes de bonne volonté – juifs, musulmans et athées – pour construire des ponts, aider les plus pauvres, éduquer nos enfants, accueillir les réfugiés et les sans-abri.

En conclusion, je voudrais souligner comment, en dépit de tout, nous gardons l’espérance. Cette espérance est la lumière qui nous guide continuellement parmi les ténèbres et la confusion de cette région et du monde entier. Nos cœurs fendus doivent être prêts aux surprises de Dieu. Et Noël est en fait le moment de renouveler notre foi au Dieu des surprises en allant à Bethléem pour vénérer ce Dieu apparemment impuissant : L’Enfant Jésus. Dans nos prières, nous portons et nous porterons continuellement ce monde blessé.

+ Pierbattista Pizzaballa
Administrateur Apostolique

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Discours de Mgr Pizzaballa à l’occasion de son entrée solennelle au Patriarcat latin le 21 septembre 2016

 

11 décembre 2016 2016

le P. Pierbattista Pizzaballa, anciennement Custode de Terre Sainte pendant douze ans a été nommé par le pape François Administrateur Apostolique du Patriarcat latin de Jérusalem le vendredi 24 juin 2016 jusqu’à la nomination d’un nouveau Patriarche.

Chers frères et sœurs,

Je vous remercie d’être venus ici de différentes régions de Terre Sainte.

Je voudrais saluer en particulier :

Le Cardinal O’Brien,

Les Chefs des Eglises catholiques,

Les Chefs des Eglises chrétiennes,

Les Consuls généraux, la Délégation Palestinienne,

Les prêtres, les religieux,

Les séminaires de Beit Jala et de la Domus,

Le Chœur du Magnificat,

Tous les prêtres et toutes les paroisses,

Et vous chers amis,

Je vous ai déjà partagé à plusieurs reprises ma surprise et ma gratitude quant à ce qui m’est arrivé au sein de l’Eglise de Jérusalem, par la décision du Saint-Père.

« Sufficit tibi gratia mea » (2 Co 12, 9). C’est à la lumière de ce passage biblique que j’ai choisi de vivre ce nouveau service qui m’a été confié. Tout est grâce, a dit un célèbre écrivain. La grâce c’est avant tout la prise de conscience quotidienne de ma faiblesse et de mes limites, et c’est une véritable porte ouverte par laquelle peut alors passer la miséricorde de Dieu.

Ainsi malgré mes faiblesses, je suis stupéfait de voir comment le Seigneur passe aussi à travers moi, me traverse, pour réaliser son œuvre.

J’ai commencé ce service qui m’a été confié le jour où l’Eglise commémorait la naissance de Jean le Baptiste, et c’est inspiré par sa figure que j’ai pensé au début de mon ministère comme un « Préparer la voie… Ouvrir les chemins, les parvis, les libérer de tout ce qui nous empêche de Le rencontrer et de rencontrer l’autre ». Et j’ai ajouté : « Je voudrais que rejaillisse de Jérusalem … pour nous et pour toute l’Eglise, la possibilité de se rencontrer et de s’accueillir les uns les autres, en construisant des routes et des ponts et non des murs ».

Je ne peux que réitérer à nouveau cette volonté. Accueillir, écouter, discerner et, ensemble, montrer le chemin de l’Eglise pour les années à venir.

Je sais que ce ne sera pas facile. Je ne suis pas naïf. Après la joie de la transfiguration, il y a la descente de la montagne, dans la vie ordinaire et quotidienne, avec son lot de joies certes, mais aussi ses problèmes, ses souffrances et ses divisions. Et à Jérusalem, et plus généralement en Terre Sainte, les divisions ne manquent pas. Elles sont dures et blessantes dans notre vie quotidienne. Nous ne cessons de les déplorer : dans la vie politique et sociale, avec un conflit politique qui porte atteinte à la vie de tous, en offensant la dignité, en manquant au respect des droits fondamentaux des personnes ; nous les voyons aussi dans les relations inter-religieuses, entre nos Eglises mais aussi souvent au sein de nos Eglises respectives. Le diable, qui est l’origine des divisions, semble avoir élu domicile à Jérusalem.

Eh bien, c’est justement dans ce contexte si difficile qui ne nous permet pas de nous faire d’illusions, que nous sommes appelés à être Eglise, c’est-à-dire à être un témoignage d’unité. C’est ici, dans ce contexte déchiré et divisé, que la première annonce à faire est celle de l’unité, laquelle commence avec nous, chez nous.

Dans ce contexte, je remercie le Patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem, pour sa participation, à travers un délégué, à ma consécration épiscopale, et je lui assure de mon désir de continuer par la suite à travailler pour la fraternité et l’harmonie mutuelle. Et de fait, nous ne pouvons pas nous permettre de donner des leçons de dialogue au monde entier, si entre nous ne règnent que divisions et méfiance !

Jérusalem nous rappelle Pâques. Au Saint-Sépulcre, c’est toujours Pâques. Pâques signifie passage : passage de la mort à la vie, des ténèbres à la lumière, de la méfiance à l’égard des disciples d’Emmaüs, à l’élan des apôtres à la Pentecôte. Nous devons et nous voulons devenir des experts de cette vie qui vient de la croix, qui ne se résigne pas à la mort, mais qui l’emporte sur la mort par l’amour.

Je désire ainsi rendre ce service en tant qu’évêque à la lumière de Pâques. Face aux nombreux signes de la mort en nous et autour de nous, je voudrais accompagner notre Eglise dans la relecture de sa propre histoire, comme le fit Jésus avec les disciples d’Emmaüs, afin de découvrir cette Présence qui ne nous a jamais abandonné et qui est la source de la vie éternelle. Et nous demander si nous y croyons vraiment. Si nous croyons vraiment que le Christ est source de force et de vie.

Et de fait ce ne sont pas nos stratégies humaines, souvent essoufflées, qui pourront sauver l’Église et ses institutions. Notre grandeur ne se mesure pas au nombre de projets que nous pourrons mener à bien, ni même au nombre d’approbations que nous susciterons. Tout cela ne fait que passer. Et peut-être que nous devrions nous demander si nous avons passé trop d’énergie et d’attention à ce qui est plutôt secondaire. « Sufficit tibi gratia mea ». Avant tout, chercher et accepter la grâce de Dieu.

Nous devons repartir de cette prise de conscience de la présence du Christ parmi nous. C’est cette prise de conscience qui doit être à l’origine de nos choix et de nos projets. Tout le reste vient après.

Je vous demande à tous de m’aider dans ce service.

Aux laïcs, aux familles, aux religieux et aux religieuses qui rendent un service tout aussi important au sein de notre Eglise, aux prêtres et aux évêques, et en particulier aux jeunes, qui sont notre avenir, à tous je vous demande de me soutenir et de m’accompagner. Je vous demande de m’aider par votre prière, tout d’abord, mais aussi en nous guidant les uns les autres le long du chemin que prendra notre Eglise.

Je souhaite que les différentes âmes qui forment notre Eglise, une mais multiforme, collaborent toujours plus et toujours mieux. À cet égard, j’ai écrit il y a quelques jours aux prêtres du Patriarcat :

« L’Eglise de Jérusalem, est riche en initiatives, et même d’institutions prestigieuses (je pense aux instituts théologiques et bibliques, aux universités de Bethléem et de Madaba), de religieux et de religieuses, de mouvements, de nombreuses écoles qui rendent un service important et jouent un rôle pastoral décisif ; nous avons des relations uniques et spéciales avec d’autres Eglises chrétiennes, sans parler de la nécessité d’une coordination avec les Églises orientales catholiques ; la relation inter-religieuse avec les musulmans et les juifs est notre pain quotidien, même si elle n’est jamais facile ; l’arrivée des travailleurs étrangers et des réfugiés a apporté une nouvelle dynamique dans notre Eglise, à la fois en Jordanie et en Terre Sainte ; dans tous nos territoires, il devient difficile de prendre soin et de suivre les familles, qui de plus en plus s’éloignent de l’Eglise ; la présence de centaines de milliers de pèlerins venus du monde entier nous met en contact avec l’Eglise universelle qui à Jérusalem, comme au jour de la Pentecôte, continue à vivre ; nous ne pouvons pas ignorer que nous sommes dans le pays où la Parole de Dieu a été écrite et où elle s’est accomplie. »

Ainsi pour moi être Eglise signifie se sentir chacun membre d’un même corps, participant les uns des autres. Je souhaite que ce sentiment soit partagé par vous tous.

Je veux être évêque de tous et pour tous. Je compte sur votre pleine coopération à tous.

Je vous remercie de m’avoir accompagné par vos prières et votre participation. J’ai vécu des moments très beaux et très intenses qui m’ont réconforté et consolé. Vous avez été le réconfort de Dieu de ces derniers mois.

Puisse Dieu nous soutenir le long de ce chemin au bout duquel nous le rencontrerons, nous ouvrir les yeux sur la souffrance de cette terre et de ses habitants, et nous rendre capables de consoler et de réconforter.

Puisse descendre sur vous tous ma prière et ma bénédiction.

+ Pierbattista

Traduit de l’italien.



 


Chrétien arabe en Terre Sainte

 

11 décembre 2016 2016

Réflexion personnelle du Père Imad Twal administrateur général du Patriarcat latin de Jérusalem.

Le terme « chrétien arabe » pourrait être considéré par l’esprit occidental, comme un oxymore (Figure de style qui réunit deux mots en apparence contradictoires). Cette contradiction apparente est enracinée dans une compréhension ambiguë de ce que signifie être chrétien ou arabe.

Qu’est-ce donc, que signifie-il d’être chrétien arabe ou arabe ? Le terme arabe ne renvoie pas exclusivement aux musulmans, mais comprend également une population chrétienne significative. En outre, tous les Arabes ne sont pas des musulmans, ni tous les musulmans, des arabes.

Les arabes chrétiens s’insurgent contre l’esprit occidental et les médias dans leur tentative d’explication de la différence entre un musulman et un islamiste (On se place au niveau de l’idéologie) ou par le fait que les chrétiens arabes constituent l’église d’origine qui existe de manière continuelle depuis le 1er siècle. Cette église a survécu à travers l’histoire coexistant avec une diversité de communautés et confessions.

« L’Église de l’Incarnation : Notre terre est bénie, car elle est le berceau de l’inspiration divine et l’histoire du salut ... Elle est la Terre de la Divine Incarnation ... » « Le Verbe s’est fait chair et Il a habité parmi nous » (Jn 1 : 14) ... La tradition chrétienne appelle l’Eglise de Jérusalem, « la Mère de toutes les Eglises ». (Assemblée des Ordinaires Catholiques de Terre Sainte, 2001)

Les disciples de Jésus en Terre Sainte appartiennent à un certain nombre de familles traditionnelles. Les églises orthodoxes sont la grecque, l’arménienne, la copte, l’assyrienne et l’éthiopienne. En outre, il y a six églises catholiques : la romaine "latine", la grecque "melkite", la maronite, l’arménienne, l’assyrienne et la chaldéenne. Il y a les protestants : anglicans et luthériens ainsi que d’autres confessions. Les 13 églises traditionnelles ont juridiction ecclésiastique dans les trois mêmes pays : Israël, Palestine (territoires occupés) et Jordanie. « Une église de la diversité : l’Eglise de Terre Sainte se caractérise par sa grande diversité ecclésiale. Elle est composée de différentes Églises, chacune ayant sa propre histoire, sa pensée, sa spiritualité, sa langue, son rite et sa tradition. » (Assemblée des Ordinaires Catholiques de Terre Sainte, 2001)

Le nombre total des chrétiens en Terre Sainte est d’environ 400 000, dont la moitié vit en Jordanie, et l’autre moitié vivant en Palestine et en Israël. Il y a 170.000 catholiques. Tous ces chrétiens sont des arabes, et ils appartiennent à la culture arabe et partage l’histoire arabe. (Nous faisons une distinction avec les chrétiens hébraïques, les communautés de langue ou les chrétiens étrangers qui travaillent et vivent en terre sainte). « Numériquement parlant, l’Eglise a été une minorité pendant dix-huit des vingt siècles de son histoire. Il y avait bien une majorité du 5ème au 7ème siècle, après quoi son statut majoritaire a commencé à décliner. Pour certains historiens, le nombre de chrétiens au début des Croisades atteignait 50 pour cent de la population. Au début du 20ème siècle, il était de 20 à 30 pour cent. Les statistiques d’aujourd’hui admettent que seuls 2.5 à 3
pour cent de la population est chrétienne. » (Évêque Maroun Lahham).

Tous ces chrétiens portent témoignage du Christ dans le pays où il vivait. L’Eglise mère de Jérusalem est un message et un témoin qui parle au coeur de la foi chrétienne. C’est un don et un rappel de son incarnation dans une réalité physique : Nazareth, Bethléem, Jérusalem.

Qu’est-ce que cela fait d’être catholique en Terre Sainte ?

Que voulons-nous dire quand nous parlons d’une identité catholique ? Le mot qui ressemble le plus au mot « identité » est le mot appartenance. L’identité de quelqu’un est son appartenance. L’identité catholique est d’abord l’appartenance à une abstraction, comme la spiritualité, à un idéal ou une doctrine, bien que cette appartenance puisse communiquer tout cela et bien plus encore. Il est, en son coeur, une appartenance à un peuple. Il est une appartenance à un corps, sociologiquement identifiable dans l’histoire, avec sa propre forme et son visage. Cela s’appelle l’Eglise.

L’Église est ce lieu humain où nous nous rencontrons, en relation humaine, Jésus-Christ, fils de Marie, le Fils de Dieu. L’Eglise est en fait son corps. Dans la vie de cette communauté nous construisons la communion et communiquons avec les autres. En premier lieu, ces gestes sont les sacrements, la proclamation de sa parole.

Ici, en terre sainte, notre identité catholique signifie que, tout d’abord, bien qu’il existe de nombreux défis, nous sommes un peuple, une communauté visible unie qui appartient à Jésus qui nous rend différents. "Vous serez mes témoins » (Ac 1, 8). Ce témoignage est notre vocation et notre mission en tant que disciples de « l’Eglise Mère ». La Terre Sainte a été appelé le cinquième évangile, et nous "les pierres vivantes", les chrétiens dans les saints lieux sont le sixième évangile. « Il est vrai que dans ce pays l’Eglise née non de bâtiments ou de pierres, mais de l’assemblée des fidèles chrétiens qui composent la sixième Evangile. » (Mansour, 2004).

Le deuxième point essentiel est que nous sommes arabes par identité et par nationalité.
Nous sommes pleinement intégrés dans la vie nationale du monde arabe, partageant la même langue maternelle, les luttes pour la paix et la justice. Notre objectif est de protéger notre langue précieuse, admirer notre tradition, conserver notre patrimoine et respecter nos coutumes. Cependant, même si nous sommes des Arabes, notre être arabe n’est pas la totalité de notre être. "Comme chrétien arabe en Terre Sainte, nous sommes appelés à témoigner de Jésus dans sa terre, dans notre société arabo-musulmane, ainsi que dans la société juive israélienne. Pour ce faire, nous devons dialoguer avec les musulmans et les juifs. » (Sabbah, 2006).

Nous comprenons qui nous sommes, qui sont les autres, et ce que le monde est dans une perspective qui va au-delà du fait d’être arabe. Notre appartenance à l’Eglise crée une sous-culture qui est elle-même un défi à la culture majoritaire de notre société. Par exemple, en tant que communauté ecclésiale, nous faisons souvent des oeuvres de bienfaisance qui bénéficient, parfois exclusivement, aux musulmans. Un autre exemple est celui de nos écoles catholiques. De nombreuses familles musulmanes désirent vivement que leurs enfants viennent dans nos écoles. Ces parents musulmans estiment que leurs enfants seront de meilleurs musulmans en venant parmi nous. Nos scouts rencontrent la même dynamique. Notre groupe de scoutisme catholique est connu pour accueillir tous les jeunes de différentes religions et églises. Ils trouvent là une maison et une appartenance qui les aide à être eux-mêmes.

Je pense souvent à la naissance de l’Eglise à la Pentecôte. Je vois notre identité en cours de création. Les apôtres et Marie, qui avait été élevés à connaître Dieu, créateur du ciel et de la terre et de la justice de Dieu et de la vérité, étaient unis. Ils avaient vécu avec Jésus et ne pouvaient qu’être d’accord avec lui quand il s’est identifié à Dieu. Leur expérience a confirmé ce qu’il a dit. Personne ne les regardait et leur parlait comme il l’a fait. Après qu’il les ait laissés, cette chose est arrivée, cette venue de l’Esprit Saint et ils ont commencé à avoir la même expérience d’être ensemble que lorsqu’ils étaient avec lui. Leur communion est devenue l’endroit où ils l’ont rencontré. Ils ont reconnu dans ce qui se passait entre eux, la même vie qu’ils avaient connu en lui. Ainsi, avec Marie, dirigée par Pierre, ils ont commencé à proposer aux autres exactement ce qu’il leur avait proposé, la vie avec lui, et par lui, par la puissance du Saint-Esprit, la communion avec le Père. Notre identité est formée par l’appartenance au peuple où cela se perpétue.

Imad Twal

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Biographie du P. Imad Jamal Twal :
- 24.01.1967 Né à Amman (originaire de Madaba)
- 20.08.1979 Entre au petit séminaire à Beit Jala, présenté par le P. Khaled Akasheh, vicaire à Madaba
- 1982 Quitte le Séminaire
- 10.09.1987 Entre au grand séminaire, envoyé par le curé de Madaba, le P. Maroun Lahham
- 29.06.1994 Ordination à Amman (Jordanie), par S.E. Mgr Fouad Twal, évêque de Tunis
- 30.06.1994 Première Messe à Madaba
- 1994 Vicaire à Madaba (Jordanie)
- 1994- Aumônier des scouts catholiques en Jordanie
- 1996 Curé de Smakieh (Jordanie)
- Juillet 1998 Curé de Zarqa-Nord (Jordanie)
- Août 2002 Curé de Shatana (Jordanie) et responsable des jeunes dans le Nord de la Jordanie
- Novembre 2002 Curé de Hoson (Jordanie) et de Shatana (Jordanie) et directeur d’école.
- 2006 Secrétaire assistant du mouvement des Scouts catholiques du Moyen-Orient
- Août 2008 Directeur général des Scouts de Jordanie et Directeur général des Ecoles patriarcales de Jordanie
- Septembre 2010 Etudiant PHD en Angleterre/Liverpool (Liverpool Hope University in Education)
- 2008-2010 Directeur général du LPS – Jordanie
- Juin 2012 Directeur Général du centre OLOPC pour les personnes handicapées.
- Juillet 2012 Nommé curé de Na’our (Paroisse du Sacré Coeur Jordanie) et Aumônier général du scoutisme catholique en Jordanie (2ème mandat)
- Juin 2013 Nommé au Centre Notre-Dame de la Paix et professeur à l’Université américaine de Madaba
- Août 2014 Nommé Administrateur général du diocèse à Jérusalem



 


Mgr Fouad Twal : “Je suis arrivé à la fin de ma mission en tant que Patriarche”

 

4 juillet 2016 2016

INTERVIEW – Après que le pape François a accepté sa démission le 24 juin 2016, le Patriarche Fouad Twal, qui a atteint en octobre dernier l’âge limite de 75 ans, s’apprête à se retirer et revient sur ses années de mission en tant que pasteur de l’Eglise de Terre Sainte, et sur l’héritage qu’il laisse désormais entre les mains du nouvel Administrateur Apostolique, le P. Pierbattista Pizzaballa.

Vous êtes parvenu à la fin de votre mission, quel regard portez-vous sur tout le chemin parcouru le long de votre mandat ?

Je suis arrivé à la fin de ma mission en tant que Patriarche, néanmoins ma mission en tant que prêtre, citoyen et ami, continue… Lorsque je jette un regard sur ma vie passée, je vois comme un long métrage. Tant d’événements se sont passés, succédés, entremêlés, certains heureux et encourageants, d’autres plus pénibles et compliqués : Un grand tour de force, commencé ici à Jérusalem pour finir encore ici, à Jérusalem. Je vois aussi dans le film de ma vie, plusieurs points faibles, mais plus j’y pense et plus je vois la présence de la main de Dieu, une main tendue pour nous sauver, pour nous soutenir, et une autre main pour nous indiquer le bon chemin, pour continuer la route déjà commencée… Je me suis souvent senti seul devant une décision à prendre, seul, malgré la présence d’une foule de gens autour de moi… On peut découvrir quelquefois que l’on a moins amis qu’on ne le pensait, ou passer du rôle d’acteur principal à celui du spectateur qui regarde, qui suit les événements sans pouvoir créer ni faire l’histoire. Ce sera peut être désormais mon rôle maintenant que je me retire.

Quelles paroles souhaiteriez-vous, ou avez-vous déjà, adressées au P.Pizzaballa nommé Administrateur Apostolique du Diocèse de Jérusalem ? Quels seront selon vous, les défis les plus importants de son mandat ?

Parmi les atouts sur lesquels le nouvel Administrateur peut compter, il y a le fait qu’il ait servi pendant 12 ans en tant que Custode de Terre Sainte et qu’il ait été le Vicaire du Patriarche Latin pour la communauté chrétienne d’expression hébraïque : Il connait bien les défis et les problèmes de l’Église de Terre Sainte, celle que j’ai souvent qualifiée d’Eglise du Calvaire.

A ces atouts, s’ajoute néanmoins le problème de la langue arabe, de la mentalité orientale et de toute l’activité pastorale. Ainsi, je comprends sa préoccupation, celle de nos prêtres et même de certains religieux franciscains… Nous sommes tous remplis de bonne volonté pour l’aider dans cette tâche… Il lui sera plus facile certainement de remédier aux faiblesses de l’administration que de gérer la pastorale auprès des fidèles arabes. Mais il est vrai aussi que les fidèles étrangers du Patriarcat Latin sont désormais plus nombreux que les chrétiens arabes locaux.

La force du nouvel Administrateur serait de gagner totalement la confiance des prêtres, de commencer la réforme avec conviction et sans hésitation, tout en se rappelant que la tâche d’administrateur ne rime pas toujours avec popularité. Il lui faudra aussi veiller à garder cet équilibre délicat de rapports avec les autorités israéliennes, palestiniennes et jordaniennes.

Comment regarder l’avenir avec espérance malgré la situation de la Terre Sainte et de la région ? Quel message souhaitez-vous laisser ?

Avant de regarder l’avenir, je regarde le présent et il me remplit de tristesse ! L’attention mondiale était concentrée sur la guerre et les massacres commis en Syrie et en Irak, plus sur la Terre Sainte. Puis dernièrement, lorsque la violence a frappé l’Europe, l’Occident a commencé à penser aux chrétiens du Moyen-Orient, à nos refugiés, et à ouvrir un peu les portes des ambassades pour donner des visas. Mais tous ceux qui ont été tués, massacrés, qui n’ont eu de visa que pour retourner chez le Père éternel, personne n’en parle ! Au nouvel Administrateur, je souhaiterais dire qu’il faut continuellement avoir le courage de parler, de dire la vérité, ni plus ni moins…Nombreux sont ceux qui préfèreraient notre silence, car notre discours dérange… Il nous faut parler avec prudence et avec respect, mais parler, éveiller les consciences et alimenter ces relations que nous avons tissées sur la scène internationale tout au long de ce parcours. Sans oublier bien sûr nos rapports les plus importants : notre relation avec le Seigneur, avec nos frères, et avec nos communautés religieuses qui sont notre plus grande richesse…

Vous allez pouvoir commencer à vous reposer désormais, quels sont vos projets pour cette nouvelle étape ?

Jusqu’à l’arrivée du nouvel Administrateur, je n’ai eu de cesse de résoudre des questions épineuses et aujourd’hui j’ai certainement besoin de repos, mais aussi de reprendre un autre rythme de travail et de relations. Je me mets à la disposition de nos évêques et de nos prêtres pour les aider autant que possible dans leur activité pastorale… Je souhaite encore être aux côtés des familles et des fidèles. Je voyagerais certainement moins à l’étranger où j’avais l’habitude de participer à de très nombreuses conférences… En un mot, ce sera désormais un style de vie qui correspondra davantage à notre âge… Je prépare également un livre qui retrace presque toute ma vie (si c’était possible !) et que je souhaite laisser comme un dernier message. Je serai heureux et libre aussi de recevoir mes amis.

Propos recueillis par Myriam Ambroselli et publiés dans http://fr.lpj.org/



 


Le Père Pizzaballa nommé Administrateur Apostolique du Patriarcat latin

 

24 juin 2016 2016

Communiqué Patriarcat latin de Jérusalem.

Sa Sainteté le pape François a accepté la démission de Sa Béatitude le Patriarche Fouad Twal, qui a atteint la limite d’âge, conformément à l’article 401, § 1, du Code de Droit Canonique. Sa Sainteté a nommé le T.R.P. Pierbattista Pizzaballa, OFM, anciennement Custode de Terre Sainte pendant douze ans, comme Administrateur Apostolique du Patriarcat latin de Jérusalem sede vacante, jusqu’à la nomination d’un nouveau Patriarche.

Les évêques, le clergé et les fidèles du Patriarcat latin, remercient vivement le Patriarche Fouad Twal qui vient de terminer sa mission, et souhaitent la bienvenue au nouvel Administrateur Apostolique, lui adressant leurs meilleurs vœux pour sa mission. Le Diocèse tout entier s’unit dans la prière aux intentions du Patriarche émérite et du nouvel Administrateur.

L’ordination épiscopale du Père Pizzaballa aura lieu en septembre prochain.

Curriculum Vitae du T.R.P. Pierbattista Pizzaballa



 


Jubilé d’or du Patriarche Fouad Twal

 

2 juin 2016 2016

Le Pape François a adressé une lettre au Patriarche Fouad Twal le 17 mai 2016 pour le féliciter pour les cinquante ans de son ordination sacerdotale, tout en rendant grâce pour les nombreuses missions qui lui furent confiées par le Saint-Siège jusqu’à ce jour. Ci-dessous la traduction de la lettre du Pape en français. La lettre a été lue avant la messe du Corpus Domini au Saint Sépulcre jeudi 26 mai 2016 par le Nonce Apostolique Mgr Lazzarotto, messe durant laquelle le Patriarche Twal a rendu grâce pour son jubilé d’or (lire l’homélie plus bas dans cette page).

A Sa Béatitude notre cher frère Fouad Twal Patriarche latin de Jérusalem

Qu’il est beau, très cher frère, de revenir sur le souvenir de ce jour lointain, de ce jour déterminant dans votre vie, où vous avez laissé tout derrière vous, pour devenir avec la grâce du Seigneur, responsable et dispensateur de nombreuses grâces divines. Depuis, cinquante ans se sont écoulés, durant lesquelles vous vous êtes entièrement consacré au service pastoral. Dès lors, il est bon que ce souvenir soit dignement célébré.

Nous avons songé à vous rejoindre par la pensée, nous souvenant de l’aube de votre vie en Jordanie, votre pays natal, et de vos études sacerdotales au Séminaire patriarcal de Beit Jala. C’est d’ici que vous avez commencé, et fort d’avoir reçu les Ordres Sacrés, vous vous êtes consacré au service pastoral auprès des fidèles les incitant à sauvegarder la foi et la ferveur des générations passées, en dépit des difficultés, dans le vivant souvenir de leurs braves ancêtres.

A la fin de vos études, spécialisé dans les droits canoniques à l’Université Pontificale du Latran, vous avez rendu nombre de services au Saint-Siège, avec dévouement, dans plusieurs pays, ainsi qu’au Secrétariat du Saint-Siège, vous occupant des affaires publiques de façon à en faire rejaillir des bénéfices spirituels sur l’Eglise universelle.

A votre nomination par le Saint Pape Jean Paul II comme Archevêque du Siège de Tunis, vous étiez parfaitement sensible à l’importance de la région, si florissante autrefois, et vous avez en effet œuvré à répandre parmi les fidèles le souvenir d’une foi héritée des ancêtres. Vous avez en même temps assumé la présidence de la Conférence des Archevêques de l’Afrique du Nord.

Plus tard, sous notre prédécesseur le Pape Benoit XVI, vous avez été élu Patriarche de Jérusalem. Il existe bien des témoignages sur l’universalité de cette ville, que vous connaissez si bien, et que vous vous efforcez de mettre en lumière devant les croyants des autres religions, pour œuvrer ensemble et surmonter les obstacles, quelle qu’en soit la nature, afin d’approfondir l’entente et l’action commune.

Très cher frère,

Tout ce qui précède est digne d’éloge et nous avons tenu à vous le redire en toute sincérité alors que vous vous apprêtez à célébrer cet important évènement : le Jubilé d’Or de votre Sacerdoce. Nous souhaitons vous faire parvenir – comme si nous étions présents à vos côtés – tout notre amour fraternel, et implorer sur vous les riches récompenses divines, avec notre bénédiction paternelle, à votre personne tout d’abord, puis aux fidèles autour de vous sur lesquels nous souhaitons qu’elle se répande, vous demandant de vous souvenir de nous dans vos prières.

De la Cité du Vatican le 17e jour du mois de mai, en l’an 2016, 4ème année de notre Pontificat.

François


Homélie du Patriarche Fouad Twal pour son Jubilé d’or sacerdotal

Messe de la solennité du Corpus Domini-Basilique du Saint Sépulcre-26 mai 2016

Chers frères et sœurs,

Merci de venir en grand nombre pour célébrer la fête du Corpus Domini en ce saint lieu, à quelques mètres de l’endroit même où notre Sauveur a offert son Corps et versé son Sang en sacrifice ultime pour tous nos péchés.

La fête du Corpus Domini est inséparable de la Messe in Cena Domini, célébrée ici même devant le Tombeau vide, au cours de laquelle nous avons fait mémoire de l’institution de l’Eucharistie. Pendant la soirée du Jeudi Saint nous revivons le mystère du Christ qui s’offre à nous dans le pain rompu et dans le vin versé, et aujourd’hui, en la fête du Corpus Domini, ce même mystère nous est proposé à l’adoration et à la méditation.

Le Saint Sacrement, porté en procession autour du Saint Sépulcre et dans les rues de nos villes et villages, nous rappelle que le Christ ressuscité marche parmi nous, avec nous, et qu’Il nous guide vers le Royaume des cieux : Christus Vincit e Christus regnat. Lors de la Messe du Jeudi Saint, nous avons rappelé comment l’Eucharistie transforme les dons de cette terre — le pain et le vin — pour transformer nos vies. En étant « tous rassasiés » (Luc 9, 17) du Corps du Christ, nous formons un seul corps et nous inaugurons ainsi la transformation de nos communautés et de notre monde, incapable de trouver la paix ou de la réaliser… La transformation de la substance du pain et du vin dans le Corps et le Sang du Christ, est le fruit du don que le Christ a fait de lui-même, le don d’un Amour plus fort que la mort, un Amour divin capable de transfigurer la chair et de ressusciter les morts.

L’expression « prendre la communion », est belle et très éloquente. Elle nous fait rentrer en communion avec le Seigneur lui-même et avec les hommes, selon les paroles de saint Paul : « La coupe d’action de grâce que nous bénissons, n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ ? Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes, est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain. » (1 Co 10, 16-17)

Alors que la nourriture corporelle est assimilée par notre organisme et contribue à sa croissance, dans le cas de l’Eucharistie c’est la nourriture cette fois qui nous assimile : communier fait de nous des membres du même Corps mystique, communier fait de nous Eglise.

Ainsi l’Eucharistie, alors qu’elle nous unit au Christ, nous ouvre également aux autres, nous rend membres les uns des autres. La communion eucharistique m’unit à la personne qui est à mes côtés, à la personne que je croise dans la rue, mais également à mes frères éloignés, dans le monde entier. A la suite du Christ qui s’est Lui-même donné à manger, le Seigneur nous demande expressément de nous donner nous-mêmes en nourriture pour la multitude : «  Donnez-leur vous-mêmes à manger  » (Luc 9,13). Face aux nécessités de la foule affamée, voici la solution des disciples : que chacun pense à soi ; renvoyer la foule ! Que chacun pense à soi ! Combien de fois, nous chrétiens, avons-nous eu cette tentation, de renvoyer les gens qui frappent à notre porte…

La solution offerte par Jésus va dans une autre direction : « Donnez-leur vous-mêmes à manger »[1]. Et même lorsqu’apparemment nous n’avons rien à offrir, que nous sommes nous-mêmes affamés, avec juste « cinq pains et deux poissons » à partager, notre disposition de cœur et notre foi en Dieu, peut faire des miracles, Dieu fait fructifier à l’infini nos bonnes intentions et nos actes de foi : «  tous furent rassasiés » (Luc 9, 17) !

Qui reconnaît Jésus dans la sainte Hostie, le reconnaît dans son frère qui souffre, dans celui qui a faim et soif, qui est étranger, nu, malade, emprisonné, ou encore condamné à vivre dans des camps des refugiés. Recevoir la communion lors de la messe c’est entrer en communion avec tous ceux qui sont absents, avec l’invisible aussi, avec tous les saints du Ciel réunis dans l’unique Corps du Christ.

La célébration de la fête du Corpus Domini, nous invite à méditer sur notre responsabilité dans la construction d’une société solidaire, juste et fraternelle. Comme les disciples nous sommes tentés de renvoyer la foule, de dire à ceux dans le besoin de se débrouiller tout seul. A notre époque en particulier, où la mondialisation nous rend toujours plus dépendants les uns des autres, à notre époque où l’Eglise est cible des attaques et de persécutions des politiques et de l’extrémisme religieux, le Corpus Domini doit faire de nous un seul corps, une seule Eglise consolidée par la foi en Dieu, et par la solidarité entre nous-mêmes.

L’Evangile aspire et œuvre depuis toujours à l’unité de la famille humaine déchirée, une unité non pas imposée de l’extérieur, par des intérêts économiques ou sociaux, mais appelée à naître de la bonne volonté et de la responsabilité des uns envers les autres, car nous nous reconnaissons membres d’un même corps, et que nous avons appris et nous apprenons constamment, que le partage, l’amour et la miséricorde sont la voie de la véritable justice.

Pour remédier à la situation violente et désastreuse dans laquelle est plongé notre Moyen-Orient, il nous faut suivre la voie ouverte par le Christ lui-même : franchise, fidélité et courage, et en même temps humilité, miséricorde et pardon réciproque. Notre mission en Terre Sainte doit passer à travers la logique humble et patiente du grain de blé qui meurt pour donner la vie : Mort brusque et soudaine, ou lente, à petite dose !

Notre mission doit être nourrie par la logique de la foi, qui déplace les montagnes avec la force douce de Dieu. C’est ainsi que Dieu veut continuer à renouveler l’humanité, l’histoire et l’univers à travers cette chaîne de transformations dont l’Eucharistie est le sacrement.

L’Eglise de Jérusalem, comme je l’ai dit souvent, a deux dimensions inséparables : elle est l’Eglise du Calvaire et l’Eglise de la Résurrection. Les escaliers qui montent jusqu’au Calvaire sont raides et difficiles, nous en avons l’expérience ; mais chaque marche est un pas de plus vers l’Espérance et la joie de la Résurrection… Continuons ensemble à avancer, au terme de ce long pèlerinage, c’est le Christ en personne qui nous attend et qui nous accueille.

Avec vous tous, chers amis, je souhaiterais rendre grâce à Dieu pour le don du sacerdoce, reçu il y a 50 ans. J’arrive désormais à la fin de mon mandat, humblement je peux dire que la mission qui m’a été confiée est accomplie, et remettant mon avenir dans les mains de Dieu, je rends grâce pour toutes ces années au service direct du Saint Père, et de l’Eglise-Mère de Jérusalem.

Je ne peux que rendre grâce pour toutes ces amitiés fidèles et précieuses, tissées ici en Terre Sainte mais aussi dans le monde entier. Je souhaite remercier tous mes Vicaires, les prêtres, les curés, et tous mes nombreux amis, religieux et religieuses de part le monde, qui m’ont accompagné et soutenu pendant ma mission. Je rends grâce aussi pour toutes les communautés religieuses présentes ici en Terre sainte, pour l’Union des religieuses, qui ont toujours été à nos côtés et nous ont soutenu à travers la beauté de leur témoignage, leurs prières, et leur amitié.

Je demande au Nonce de faire parvenir au Saint Père toute l’expression de mon adhésion et de mon amour filial, et de le remercier pour son attention paternelle pour la Terre Sainte et pour les chrétiens du Moyen-Orient.

Avec l’humilité de savoir que nous sommes de simples serviteurs, gardons ferme la certitude que l’amour de Dieu est plus fort que le mal, et que nous ne serons jamais seuls dans notre mission : «  Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20).

Seigneur, reste avec nous car le jour tend vers sa fin. Si la pesanteur du crépuscule semble vouloir l’emporter, la lumière de Ta résurrection annonce déjà l’aube d’un jour sans fin.

Amen

+ Fouad Twal

Patriarche latin de Jérusalem



 


Dimanche de Pâques 2016, homélie du Patriarche latin de Jérusalem

 

10 mai 2016 2016

Frères et sœurs, le monde attend beaucoup de nous, nous qui sommes les successeurs des apôtres et de la première communauté chrétienne.

Jérusalem –homélie du Patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, prononcée au cours de la messe de la Résurrection au Saint Sépulcre, le 27 mars 2016.

Chers frères dans l’épiscopat et le sacerdoce,
Chers religieux et religieuses,
Chers fidèles de Terre Sainte,
Chers fidèles et chers pèlerins venus du monde entier, et vous tous, journalistes et photographes venus couvrir cet événement qui constitue le cœur de notre foi chrétienne,

A tous, je vous souhaite une belle fête de Pâques, que la lumière de la joie pascale puisse rayonner sur vos visages et dans vos vies !

« Le Seigneur est vraiment ressuscité et Il est apparu à Simon » (Luc 24, 34).

Nous voilà aujourd’hui au terme du Triduum de la Passion de notre Seigneur, un dimanche, le premier jour de la semaine, le jour où tout commence et tout recommence. Le Jour du Seigneur, celui où Il fait toutes choses nouvelles.
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Nous voyons aujourd’hui combien la jeunesse souffre de ce monde enlisé dans la violence et qui semble sans espérance. Les jeunes ont soif d’un monde nouveau, de justice, de dignité et de paix pour tous. Cette nouvelle génération d’affamés et d’assoiffés attend la résurrection du monde. Nos jeunes, nos enfants, sont blessés par tant de violence. Frères et sœurs, ne tombons pas comme nous le rappelle souvent le pape François, dans « « l’indifférence » ! Que nos cœurs retrouvent la vigueur de leur premier amour, de cette « brise légère » (1 Rois 19, 12) de la Foi capable de nous emmener là où nous nous y attendons le moins, jusqu’au martyr s’il faut, ce Vent de folie qui nous rend toute espérance : retrouvons un cœur d’enfant et aidons notre jeunesse à construire un monde meilleur !
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« Il n’est plus ici, Il est ressuscité, comme Il l’avait dit  » (Matthieu 28,6)

Allez dire cette nouvelle au monde entier afin qu’ « à tous, croyants ou loin de la foi, puisse parvenir le baume de la Miséricorde comme signe du Règne de Dieu déjà présent au milieu de nous » !

† Patriarche Fouad Twal
Patriarche latin de Jérusalem

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Homélie de Noël 2015 de Sa Béatitude Fouad Twal

 

6 janvier 2016 2016

BETHLEEM- Vous trouverez ci-dessous l’homélie de la messe de la nuit de Noël prononcée par le Patriarche latin de Jérusalem, S.B Fouad Twal en l’Eglise Sainte Catherine, à Bethléem.

A Son Excellence Monsieur Mahmoud Abbas, Président de l’Etat de Palestine

Monsieur le Premier Ministre Rami al Hamdallah

MM les Ministres, les ambassadeurs, les consuls, les représentants diplomatiques

Chers consacrés et consacrées, chers pèlerins et fidèles,

Cette année encore, nous sommes venus à Bethléem pour ranimer avec joie la mémoire de la naissance du Verbe Incarné – celui que le Monde, en raison de sa grandeur et son pouvoir, ne put accueillir, qu’une Vierge avait porté dans ses entrailles et qu’elle mit au monde dans une petite grotte. Il est venu nous montrer le visage miséricordieux de Dieu, et nous a recommandé a plusieurs reprises : “Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux” (Luc 6:36). Dans un passé récent, des incidents fort regrettables ont eu lieu ont dans le monde entier. Nous pouvons dire avec tristesse que nous avons perdu notre humanité et nos valeurs spirituelles, la religion devenant un motif pour tuer au nom de Dieu, au lieu d’inviter à la fraternité. Ce dont nous souffrons en ces jours est l’absence de miséricorde– comme si l’avènement du Christ et le message de Noel furent vains.

Le Pape François a dédié l’an 2016 à la miséricorde divine sous tous ses aspects.

Le début de l’année de la Miséricorde a été marqué par une action symbolique : l’ouverture des Portes Saintes dans les cathédrales et les sanctuaires, sous le nom de “Porte de Miséricorde” ; quiconque y frappe avec un cœur contrit, et entre dans l’église, en passant par le sacrement de la réconciliation, ne fait que frapper à la Porte de la Miséricorde divine, pour puiser à sa source ce qu’il faut pour effacer ses péchés et ses conséquences, et entamer ainsi une vie nouvelle. C’est ce que nous avons fait en début de la célébration, en annonçant que la porte de la Basilique de la Nativité est l’une des portes de la Miséricorde, espérant que beaucoup de fidèles et de pèlerins y passeront au courant de l’année.

L’Evangile porte sur deux paraboles, qui illustrent le lien entre la miséricorde divine et la nôtre, à savoir “L’Enfant Prodigue” dont le père attend avec impatience son retour au foyer paternel (Luc 15 : 11-32), et “Le Bon Samaritain” (Luc 10 25-37). Le Samaritain ne se contenta pas d’avoir pitié de son frère blessé, mais œuvra pour l’aider et le faire guérir. Les deux parboles sont strictement liées. Sans éprouver la miséricorde de Dieu dans notre vie, il serait difficile de faire preuve de miséricorde envers les autres. Et le Maitre lui-même nous incite : “Soyez donc miséricordieux comme votre Père est miséricordieux” (Luc 6:36).

La miséricorde devrait englober les proches et les lointains, ceux que nous aimons et ceux que nous détestons. Il est facile de faire preuve de miséricorde envers ceux qui nous sont proches, par le sang, la religion ou la race. Mais il est difficile de l’étendre aux pauvres, aux marginalisés, aux réfugiés, aux prisonniers et aux victimes de la violence et du terrorisme. Nous songeons à ces millions de réfugiés éparpillés dans des camps et des baraques, en proie à un froid mordant. Nous songeons à ceux qui fuient les zones de conflit, traversant la mer dans des barques de fortune, faisant se transformer la mer en un gigantesque cimetière. Dans nos prières, nous songeons aux maisons démolies à Jérusalem et en Palestine, aux terrains expropriés, et aux hommes touchés par une punition collective. Nous songeons aux victimes du terrorisme, partout, de quelque peuple que ce soit. Ils sont tous nos frères en Humanité. Que leur cri devienne le nôtre ; abattons ensemble la barrière de l’indifférence. Nous saluons les Etats qui ont ouvert leurs portes aux exilés : la Jordanie, le Liban, la Turquie, et de nombreux pays européens. Nous incitons les pays hésitants à dépasser leur crainte face aux refugiés, de les héberger en attendant que la situation s’améliore, et qu’ils puissent rentrer dans leurs foyers. Oui, il existe encore une miséricorde, et aussi une bonté, dans ce monde. Tout n’est pas perdu.

Frères et sœurs,

La miséricorde ne se limite pas aux relations individuelles, mais devrait embrasser la vie publique dans tous ses secteurs : politique, économique, culturel, social…., à tous les niveaux : international, régional et local, et dans toutes les directions : entre Etats, peuples, ethnies, religions et confessions….. Quand la miséricorde devient une composante de l’action publique, elle sera alors capable de transférer le monde de la sphère des intérêts égoïstes à celle des valeurs humaines. Ceci coopère à la construction d’un monde meilleur. La miséricorde est un acte politique par excellence, à condition de définir la politique dans son sens le plus noble, c’est-à-dire la prise en charge de la famille humaine à partir des valeurs éthiques, dont la miséricorde est une composante principale, qui s’opposent à la violence, l’oppression, l’injustice, l’autoritarisme et l’esprit de domination. Dans un monde qui s’oriente de plus en plus vers la brutalité, se situe la vocation du fidèle à témoigner la miséricorde divine, en collaboration avec les hommes et les femmes de bonne volonté. Les semences de la miséricorde sont implantées dans toutes les religions. Elles nous lient notamment avec le judaïsme et l’Islam, lesquels les considèrent comme d’éminentes caractéristiques de Dieu. Avant d’être l’Omnipotent et le Créateur, Dieu est le Miséricordieux.

Il nous appartient de faire activer ces semences pour qu’elles poussent dans notre vie privée et publique. Ainsi, œuvrons pour un monde meilleur, où règneraient l’équité, la paix, la charité et le respect mutuel. Nous appelons tous les fidèles de faire croître dans leurs cœurs le sens de la Miséricorde, pour que celle-ci devienne une culture conjointe dans leur vie publique et familiale.

L’appel à la miséricorde est fait non seulement aux personnes honnêtes, mais aussi aux malfaiteurs pour qu’ils fassent preuve de repentance. C’est un appel à tous ceux qui détiennent le destin des peuples. Un appel aux décisionnaires de la politique de la mort, pour qu’ils reviennent à leur conscience, et fassent prévaloir la dignité de l’homme au lieu de leurs intérêts matériels. C’est un appel aux producteurs, promoteurs et commerçants d’armes meurtrières – à ceux qui se font une fortune au détriment des souffrances des autres ; voyez à quel point cette politique aveugle nous conduit.

L’appel à la miséricorde devrait atteindre tous ceux impliqués dans la corruption. Ce vice ignoble est un grand péché criant haut jusqu’au Ciel, car il menace les fondements même de la société. Le corrompu, à travers son avidité, opprime les faibles et écrase les plus démunis. Personne ne peut prétendre être immunisé contre cette tentation. Et afin de l’extirper de la vie individuelle et sociale, il faudrait beaucoup de vigilance et le retour à Dieu. Pour ces corrompus, nous élevons nos prières, espérant que leur conscience se réveille, et qu’ils entendent ce cri, avant qu’il ne soit trop tard.

Frères et sœurs,

La miséricorde n’est pas une marque de faiblesse, mais une expression de la toute-puissance divine qui s’exprime le mieux possible dans la miséricorde et le pardon. Il n’existe pas d’opposition entre la miséricorde de Dieu et sa justice, car il est juste, miséricordieux en pareille mesure. Quiconque refuse de recourir à sa miséricorde finira par tomber sous la poigne de sa ferme justice. Ce qui donne de l’espoir aux peuples et aux individus, victimes de l’injustice. Prévenant, Jésus Christ dit : “ De la mesure dont vous mesurez, on mesurera pour vous.” (Mt 7, 2), et “Bienheureux les miséricordieux car ils obtiendront miséricorde”.

En cette soirée où nous célébrons la naissance de l’Apôtre de la Paix et de la Miséricorde, nous sommes venus prier pour toutes les intentions déjà citées. Nous sommes venus prier pour que le visage de la Terre se transforme, pour que le monde devienne un abri sûr, où règnent la paix au lieu de la rivalité, la miséricorde au lieu de la vengeance et la charité au lieu de la haine.

“Seigneur, souviens-toi de ta miséricorde et de ta bonté, car elles sont éternelles”. Amen

† Le Patriarche Fouad Twal



 


Paix, miséricorde et action au coeur du message de Noël du Patriarche

 

16 décembre 2015 2015

JERUSALEM- Le Patriarche latin de Jérusalem, S.B Fouad Twal a tenu sa traditionnelle conférence de presse ce mercredi 16 décembre 2015, au patriarcat latin. Il a délivré son message de Noël.

Chers amis, chers peuples de Terre Sainte,

A vous tous et à ceux qui vous sont chers, je souhaite un Noël plein de joie et de bénédictions !

Chers amis journalistes, merci de votre présence ; merci également pour votre travail, si précieux. Qu’il s’exerce avec franchise, liberté, et sagesse, et qu’il soit surtout toujours guidé par un souci constant de Vérité.

Dans quelques jours, nous fêterons la naissance du Christ ; Noël, mystère de l’Incarnation, mystère du Verbe Eternel qui « s’est fait chair et a demeuré parmi nous » ; Noël, fête de la Lumière qui brille dans la nuit, fête de la Joie, de l’Espérance et de la Paix. Les enfants du monde rêvent d’une fête merveilleuse, de cadeaux, de lumières, d’arbres décorés et de crèches. Cependant, et je reprends les mots mêmes du Pape François, « tout est faussé, car le monde continue à faire la guerre »… Cette fameuse « troisième guerre mondiale par morceaux » dont il nous parle si souvent, se déroule sous nos yeux, en partie dans notre région, sur notre terre.
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La conclusion du message

Je voudrais conclure ce message en remerciant le Saint-Père, pour plusieurs raisons : D’abord pour la canonisation en mai dernier des deux saintes palestiniennes, pour le synode des évêques sur la famille, auquel j’ai eu la joie de participer, pour le Motu Proprio simplifiant la procédure de nullité de mariage ; pour l’accord bilatéral historique entre l’Etat de Palestine et le Saint-Siège ; enfin pour son encyclique « Laudato Si’, » sur la sauvegarde de la création et de l’environnement, sujets majeurs pour notre planète et pour l’humanité.

« Un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir ; son nom est proclamé : « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix » (Isaïe 9, 5).

Chers amis, la naissance du Christ est signe de la Miséricorde du Père, et promesse de joie pour nous tous. Que ce message rayonne sur notre monde blessé, console les affligés, les opprimés, et convertisse les cœurs des violents.

Saint et joyeux Noël à tous !



 


L’Eglise de Jérusalem entre dans l’année de la Miséricorde

 

15 décembre 2015 2015

JERUSALEM –Ce dimanche 13 décembre 2015, Sa Béatitude Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem, a ouvert la porte de la miséricorde de la basilique de Gethsémani.

C’est sur le lieu de l’agonie de Jésus, dans les jardins de Gethsémani, que l’Eglise de Jérusalem a choisi d’ouvrir l’année de la miséricorde, en ce dimanche de Gaudete.

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Homélie de Pâques 2015 du patriarche latin de Jérusalem

 

15 avril 2015 2015

prononcée au cours de la messe de la Résurrection au Saint Sépulcre, le 5 avril 2015.

Chers frères dans l’épiscopat et le sacerdoce,

Chers religieux et religieuses,

Chers fidèles de Terre Sainte,

Chers fidèles et chers pèlerins venus du monde entier,

En ce jour glorieux, nous revivons dans cette Basilique du Saint Sépulcre la joie de Pâques, celle du Christ ressuscité, vraiment ressuscité et qui « nous précède en Galilée » (Mt 28, 7).

A tous je souhaite une belle et sainte fête de la Résurrection ! Nous sommes chaque jour au Moyen Orient, témoins d’événements tragiques qui nous rendent encore contemporains du Calvaire. Mais notre joie et notre foi dans le Ressuscité, « nul ne peut nous l’enlever » (Jn 16, 22), car le Seigneur nous invite dès aujourd’hui, même au milieu des difficultés qui sont les nôtres, à goûter les prémices de sa Résurrection.

Lorsque les femmes disciples de Jésus se rendent au Tombeau pour oindre d’aromates le corps du Crucifié descendu de la Croix (Mc 16, 1-2), elles trouvent un Sépulcre ouvert et vide, et un « homme vêtu de blanc » leur disant « vous cherchez Jésus le de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici » (Mc 16, 6-7). Elles sont alors saisies par la peur et la stupéfaction avant de quitter le Tombeau pour rapporter aux disciples ce qu’elles ont vus et entendu (Mt 28, 8).

Aujourd’hui, nous sommes des milliers à chercher le visage du Christ, Sa Parole et sa Paix. Et nous peinons à Le trouver dans ce monde, comme si rien ne pouvait nous abreuver, ni les discours politiques, ni le monde économique, ni même notre entourage quelquefois. Comme les femmes au tombeau, la peur nous envahit devant ce vide. Car ce tombeau, frères et sœurs, où passent chaque jour des milliers de personnes en quête de Dieu, ne contient plus le corps du Crucifié. Dieu n’est pas forcément là où nous le cherchons. Il n’est pas dans des recoins obscurs et isolés, il est juste à côté de nous, dans notre frère, notre voisin ! Nous sommes invités, à la suite des disciples stupéfaits devant le Tombeau vide, à grandir dans notre relation avec Jésus et à devenir annonciateurs et témoins de la Bonne Nouvelle, pour comprendre enfin que nous trouverons Dieu dans nos frères, en répandant et partageant la Joie d’être sauvés. Même lorsque les ténèbres du Vendredi saint de la mort nous accablent et assombrissent nos cœurs et notre pays, croyons et chantons : le Christ est ressuscité Alléluia !

Pour cela, frères et sœurs, il nous faut vivre le premier miracle de la Résurrection, un changement radical du cœur, une conversion, à la suite du centurion romain au pied de la Croix qui réalisa : « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu » (Mc 15, 39). Il y a la conversion des soldats, mais aussi celle des disciples réunis au Cénacle et enfermés dans la peur. La Résurrection les a transformés et ils sont devenus témoins, témoins heureux de souffrir pour le Christ.

Nous espérons chanter avec eux un jour notre Alléluia et partager avec eux et tous les saints, avec nos deux futures saintes palestiniennes Mariam et Marie-Alphonsine, la Gloire éternelle. Enterrons donc dans le Tombeau du Christ nos inclinations mondaines, nos incohérences, nos divisions religieuses, notre violence, nos manques de Foi et nos peurs. Nous devons nous « dépouiller du vieil homme et revêtir l’Homme Nouveau qui a été crée selon Dieu, dans la justice et la sainteté de la vérité » (Ep 4, 22), croire au Bien, croire que la Paix est possible, pour recevoir enfin « la vie en abondance » (Jn 10,10).

De ce Tombeau sont sorties la Lumière et la Paix. Et aujourd’hui, d’ici encore, de cette Terre Sainte si violentée, la Lumière et la Paix doivent jaillir à nouveau. Implorons la grâce du Seigneur pour la Terre Sainte et pour le monde entier.

Armons-nous, frères et sœurs, de Foi, de courage, et de la joie de notre rencontre avec Jésus, pour annoncer à tous nos frères sa Résurrection et sa victoire. Chrétiens, nous sommes appelés au cœur de cette région du Moyen Orient, secouée par les guerres et ensanglantée par la violence, à être des signes de contradictions, des signes d’Espérance au-delà de tout. Notre avenir dans cette région et dans ce monde est incertain voire même obscur, mais n’ayons pas peur, le Christ nous avait prévenu et Il est « avec nous, jusqu’à la fin des temps » (Mt 28, 20).

Les politiques et la Communauté internationale ne se préoccupent que peu de notre liberté et de notre sort. Les intérêts personnels écrasent la bonne volonté de ceux qui souhaitent la paix et la justice.

Mais les martyrs contemporains ne cessent de témoigner de la Résurrection du Christ, tout comme les processions, les pierres de Jérusalem, les réfugiés irakiens et syriens, qui ont tout perdu à cause de leur Foi, les prisonniers au nom du Christ, sont des témoignages que notre Seigneur est bien vivant. A leur suite, avec les bienheureuses Mariam et Marie-Alphonsine qui intercèdent pour nous, devenons de vrais témoins.

En cette année de la consécration, chers frères et sœurs consacrés, ravivons aussi la joie de notre premier appel, revenons vers Dieu et devenons des disciples fidèles au service de notre Eglise de Jerusalem et de nos frères.

Nombreux sont ceux qui viennent en Terre Sainte pour chercher le Christ, tout en essayant de trouver ou retrouver leurs racines. Nos racines sont ici, au sein de l’Eglise-Mère, sur le Mont Golgotha et dans ce Tombeau vide. Pour cela, notre responsabilité est grande et malgré toutes les difficultés et les malheurs qui nous frappent, persévérons à garder ferme notre Espérance et vive notre joie. Le Christ vivant triomphe toujours du mal.

Chers Frères et Sœurs, chers amis malades, âgés et prisonniers,

A vous chers fidèles refugiés, qui vivez un Vendredi saint apparemment sans lendemain, à cause des injustices et de la violence,

A tous ceux qui ne peuvent goûter la joie de Pâques,

A vous qui n’avez pu arriver jusqu’à ce Saint Sépulcre pour partager avec nous cette fête,

Pour vous, j’élève ma prière dans l’Espérance que vous jouissiez de la Paix de la Résurrection. Que cette Paix emplisse votre cœur d’amour, de solidarité, par la force du Christ ressuscité qui veut nous ressusciter avec Lui (Phil 3, 10-11).

Le Seigneur est ressuscité. Allez et annoncez cette Bonne Nouvelle au monde entier.

Oui Jésus est vraiment ressuscité. Amen. Alléluia !



 


Lettre du Saint Père aux Chrétiens du Moyen Orient

 

27 décembre 2014 2014

A l’occasion de la fête de Noël, le pape François a adressé cette lettre aux Chrétiens du Moyen Orient le 23 décembre 2014.

Chers frères et sœurs,

« Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toute notre tribulation, afin que, par la consolation que nous-mêmes recevons de Dieu, nous puissions consoler les autres en quelque tribulation que ce soit » (2Co 1, 3-4).

Ces paroles de l’apôtre Paul me sont venues à l’esprit quand j’ai pensé à vous écrire, frères chrétiens du Moyen-Orient. Je le fais à l’approche de Noël, sachant que pour beaucoup d’entre vous, aux chants de Noël se mêleront les larmes et les soupirs. Cependant, la naissance du Fils de Dieu dans notre chair humaine est un ineffable mystère de consolation : « La grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, s’est manifestée » (Tt 2, 11).

L’affliction et la tribulation n’ont malheureusement pas manqué dans un passé même récent du Moyen-Orient. Elles se sont aggravées ces derniers mois à cause des conflits qui tourmentent la région, mais surtout du fait d’une plus récente et préoccupante organisation terroriste, de dimensions autrefois inimaginables, qui commet toutes sortes d’abus et de pratiques indignes de l’homme, en frappant de manière particulière certains d’entre vous qui ont été chassés de façon brutale de leurs propres terres, où les chrétiens sont présents depuis les temps apostoliques.

En m’adressant à vous, je ne peux pas oublier non plus d’autres groupes religieux et ethniques qui subissent également la persécution et les conséquences de ces conflits. Je suis quotidiennement les nouvelles de l’immense souffrance de beaucoup de personnes au Moyen-Orient. Je pense spécialement aux enfants, aux mères, aux personnes âgées, aux personnes déplacées et aux réfugiés, à tous ceux qui souffrent de la faim, à ceux qui doivent affronter la rigueur de l’hiver sans un toit sous lequel se protéger. Cette souffrance crie vers Dieu et fait appel à l’engagement de tous, à travers la prière et toutes sortes d’initiatives. A tous, je veux exprimer ma proximité et ma solidarité ainsi que celles de l’Église, et offrir une parole de consolation et d’espérance.

Chers frères et sœurs, qui avec courage rendez témoignage à Jésus en votre terre bénie par le Seigneur, notre consolation et notre espérance c’est le Christ lui-même. Je vous encourage donc à rester attachés à Lui, comme les sarments à la vigne, certains que ni la tribulation, ni l’angoisse, ni la persécution ne peuvent vous séparer de Lui (cf. Rm 8, 35). Puisse l’épreuve que vous traversez fortifier la foi et la fidélité de vous tous !

Je prie pour que vous puissiez vivre la communion fraternelle à l’exemple de la première communauté de Jérusalem. L’unité voulue par notre Seigneur est plus que jamais nécessaire en ces moments difficiles ; c’est un don de Dieu qui interpelle notre liberté et attend notre réponse. Que la Parole de Dieu, les Sacrements, la prière et la fraternité nourrissent et renouvellent continuellement vos communautés.

La situation dans laquelle vous vivez est un appel fort à la sainteté de vie, comme l’attestent saints et martyrs de toute appartenance ecclésiale. Je me souviens avec affection et vénération des Pasteurs et des fidèles auxquels, ces derniers temps, a été demandé le sacrifice de la vie, souvent pour le seul fait d’être chrétiens. Je pense aussi aux personnes séquestrées, parmi elles des Évêques orthodoxes et des prêtres de divers rites. Puissent-ils retourner bientôt sains et saufs dans leurs maisons et dans leurs communautés. Je demande à Dieu que tant de souffrance unie à la croix du Seigneur donne de bons fruits pour l’Église et pour les peuples du Moyen-Orient.

Au milieu des inimitiés et des conflits, la communion vécue entre vous en fraternité et simplicité est signe du Royaume de Dieu. Je suis heureux des bonnes relations et de la collaboration entre les Patriarches des Églises Orientales catholiques et ceux des Églises Orthodoxes ; comme aussi entre les fidèles des diverses Églises. Les souffrances endurées par les chrétiens apportent une contribution inestimable à la cause de l’unité. C’est l’œcuménisme du sang, qui demande un abandon confiant à l’action de l’Esprit Saint.

Puissiez-vous toujours rendre témoignage à Jésus à travers les difficultés ! Votre présence même est précieuse pour le Moyen-Orient. Vous êtes un petit troupeau, mais avec une grande responsabilité en cette terre, où est né et où s’est répandu le christianisme. Vous êtes comme le levain dans la pâte. Avant même beaucoup d’œuvres de l’Église dans les domaines éducatif, sanitaire ou d’assistance, appréciées par tous, la richesse la plus grande pour la région, ce sont les chrétiens, c’est vous. Merci de votre persévérance !

Votre effort pour collaborer avec des personnes d’autres religions, avec les juifs et avec les musulmans, est un autre signe du Royaume de Dieu. Le dialogue interreligieux est d’autant plus nécessaire que la situation est plus difficile. Il n’y a pas d’autre voie. Le dialogue fondé sur une attitude d’ouverture, dans la vérité et dans l’amour, est aussi le meilleur antidote à la tentation du fondamentalisme religieux, qui est une menace pour les croyants de toutes les religions. Le dialogue est en même temps un service à la justice et une condition nécessaire pour la paix tant désirée.

La plupart d’entre vous vit dans un milieu à majorité musulmane. Vous pouvez aider vos concitoyens musulmans à présenter avec discernement une image plus authentique de l’Islam, comme le veulent beaucoup d’entre eux, lesquels répètent que l’Islam est une religion de paix qui peut s’accommoder du respect des droits humains et favoriser la cohabitation entre tous. Ce sera un bien pour eux et pour la société tout entière. La situation dramatique que vivent nos frères chrétiens en Irak, mais aussi les yazidis et les membres d’autres communautés religieuses et ethniques, exige une prise de position claire et courageuse de la part de tous les responsables religieux, pour condamner de façon unanime et sans aucune ambigüité ces crimes et dénoncer la pratique d’invoquer la religion pour les justifier.

Bien-aimés, presque tous, vous êtes des citoyens natifs de vos pays et vous avez pour cela le devoir et le droit de participer pleinement à la vie et à la croissance de votre nation. Dans la région, vous êtes appelés à être artisans de paix, de réconciliation et de développement, à promouvoir le dialogue, à construire des ponts, selon l’esprit des Béatitudes (cf. Mt 5, 3-12), à proclamer l’Évangile de la paix, ouverts à une collaboration avec toutes les autorités nationales et internationales.

Je désire vous exprimer de manière particulière mon estime et ma gratitude, très chers frères Patriarches, Évêques, Prêtres, Religieux et sœurs Religieuses, qui accompagnez avec sollicitude le chemin de vos communautés. Comme elle est précieuse la présence et l’activité de celui qui s’est consacré totalement au Seigneur et le sert dans les frères, surtout les plus nécessiteux, en témoignant sa grandeur et son amour infini ! Comme elle est importante la présence des Pasteurs aux côtés de leur troupeau, surtout dans les moments de difficultés !

A vous, jeunes, j’envoie une accolade paternelle. Je prie pour votre foi, pour votre croissance humaine et chrétienne, et pour que vos meilleurs projets puissent se réaliser. Et je vous le répète : « N’ayez pas peur ni honte d’être chrétiens. La relation avec Jésus vous rendra disponibles pour collaborer sans réserve avec vos concitoyens, quelle que soit leur appartenance religieuse » (Exhort. ap. Ecclesia in Medio Oriente, n. 63).

A vous, personnes âgées, je fais parvenir mes sentiments d’estime. Vous êtes la mémoire de vos peuples ; je souhaite que cette mémoire soit semence de croissance pour les nouvelles générations.

Je voudrais encourager tous ceux d’entre vous qui œuvrent dans les domaines très importants de la charité et de l’éducation. J’admire le travail que vous faites, spécialement à travers les Caritas et avec l’aide des organisations caritatives catholiques de divers pays, en aidant chacun sans préférence. A travers le témoignage de la charité, vous offrez le soutien le plus valable à la vie sociale et vous contribuez aussi à la paix dont la région a faim comme de pain. Mais aussi, dans le domaine de l’éducation l’avenir de la société est en jeu. Comme l’éducation à la culture de la rencontre, au respect de la dignité de la personne et au respect de la valeur absolue de chaque être humain est importante !

Bien-aimés, même si vous êtes peu numériquement, vous êtes protagonistes de la vie de l’Église et des pays dans lesquels vous vivez. Toute l’Église vous est proche et vous soutient, avec grande affection et estime pour vos communautés et votre mission. Nous continuerons à vous aider par la prière et avec les autres moyens disponibles.

En même temps, je continue à exhorter la communauté internationale à répondre à vos besoins et à ceux des autres minorités qui souffrent ; en premier lieu, en promouvant la paix à travers la négociation et le travail diplomatique, en cherchant à contenir et arrêter le plus tôt possible la violence qui a causé déjà trop de dégâts. Je réitère la plus ferme condamnation des trafics d’armes. Nous avons plutôt besoin de projets et d’initiatives de paix, pour promouvoir une solution globale aux problèmes de la région. Pendant combien de temps le Moyen-Orient devra-t-il encore souffrir à cause du manque de paix ? Nous ne pouvons pas nous résigner aux conflits comme si un changement n’était pas possible ! Dans le sillage de mon pèlerinage en Terre Sainte et de la rencontre de prière qui s’en est suivie, au Vatican, avec les Présidents israélien et palestinien, je vous invite à continuer de prier pour la paix au Moyen-Orient. Que celui qui a été contraint à laisser ses propres terres, puisse y retourner et y vivre dans la dignité et dans la sécurité. Puisse l’assistance humanitaire s’accroître, en mettant toujours au centre le bien de la personne et de chaque pays dans le respect de sa propre identité, sans faire passer avant d’autres intérêts. Que l’Église tout entière et la communauté internationale deviennent toujours plus conscientes de l’importance de votre présence dans la région.

Chères sœurs et chers frères chrétiens du Moyen-Orient, vous avez une grande responsabilité et vous n’êtes pas seuls à l’affronter. C’est pourquoi, j’ai voulu vous écrire pour vous encourager et pour vous dire combien votre présence et votre mission sont précieuses en cette terre bénie par le Seigneur. Votre témoignage me fait beaucoup de bien. Merci ! Chaque jour, je prie pour vous et à vos intentions. Je vous remercie parce que je sais que, dans vos souffrances, vous priez pour moi et pour mon service de l’Église. J’espère beaucoup avoir la grâce de venir personnellement vous visiter et vous réconforter. Que la Vierge Marie, la Toute Sainte Mère de Dieu et notre Mère, vous accompagne et vous protège toujours par sa tendresse. A vous tous et à vos familles, j’envoie la Bénédiction Apostolique et je vous souhaite de vivre Noël dans l’amour et dans la paix du Christ Sauveur.

Du Vatican, le 21 , IVème Dimanche de l’Avent
FRANCISCUS



 


Message de Noël 2014 de sa Béatitude Mgr Fouad Twal

 

27 décembre 2014 2014

Sa Béatitude Mgr Fouad Twal a transmis son message de Noël par l’intermédiaire de son Vicaire à Jérusalem et en Palestine, Mgr William Shomali, lors de la conférence de presse qui s’est tenue le jeudi 18 décembre au Terra Santa College à l’occasion également de l’inauguration du nouveau Christian Media Center (CMC).

Chers amis, chers habitants de Terre Sainte,

Je vous souhaite à vous ainsi qu’à tous vos êtres chers, un Noël riche en bénédictions !

Chers journalistes, en vous saluant ce matin, laissez-moi vous remercier pour votre travail. Mon espérance est que vous puissiez toujours le réaliser avec sagesse et en vérité. Une fois de plus, je tiens à exprimer mon admiration et mon profond respect pour ceux d’entre vous qui ont montré un grand intérêt et qui ont fait preuve de courage en couvrant notamment la visite de Sa Sainteté le Pape François en Terre Sainte, ainsi que les tristes événements survenus à Jérusalem et en Terre Sainte ces dernières semaines.

À la fin de l’année 2014, en méditant sur ces événements, je me retrouve à penser, à certains égards, aux mots de Charles Dickens : « C’était le meilleur des temps, c’était la pire des époques, c’était l’âge de la sagesse , c’était l’âge de la folie, c’était le printemps de l’espoir, c’était l’hiver du désespoir. »

1.« Le meilleur des temps »

(I) L’un des « meilleurs temps » cette année fut le pèlerinage du Saint Père en Terre Sainte. Ce fut un succès sur le plan pastoral et œcuménique. Cette visite a donné lieu ensuite à cette magnifique rencontre de prière dans les Jardins du Vatican en présence du Président Abbas, de l’ancien Président Peres et du Patriarche Bartholomée. Même si nous n’avons pu en voir les fruits concrets, toute prière est valide et les fruits peuvent venir plus tard, comme l’olivier planté à cette occasion pourrait bien donner de nombreux fruits dans le futur.

(II) C’est toujours une grande joie et un privilège pour moi d’ordonner des hommes au sacerdoce. Cette année, neuf ont été ordonnés. Nous avons envoyé deux d’entre eux pour servir nos fidèles dans la Diaspora : aux Emirats Arabes et en Californie.

(III) Le Synode sur la famille, qui s’est tenu en octobre à Rome, nous a donné l’opportunité de nous pencher sur les nombreux défis auxquels les familles sont confrontées. Ce fut une occasion d’en appeler à une sagesse et une espérance authentique. Le Synode a réaffirmé l’unité et l’indissolubilité de l’institution du mariage.

S’il reste des progrès à faire, ce sera au niveau de la pastorale pour les couples séparés et les couples remariés. En Terre Sainte, notre principal problème se situe à un autre niveau. De nombreuses familles souffrent du manque de documents juridiques permettant au couple de pouvoir vivre ensemble lorsque le mariage a lieu entre un Palestinien et un non-Palestinien. Il est difficile, ensuite, d’obtenir un visa ou le statut de résident pour le conjoint non-palestinien. Ici, nous demandons au gouvernement israélien d’assouplir les restrictions actuelles sur la réunification des familles. Nous avons entendu la semaine dernière que plus de 593 cas de réunification familiale ont été acceptés. C’est une étape positive que nous saluons mais cela est encore bien loin d’être suffisant face à l’immensité des besoins.

(IV) Nous avons ressenti une grande joie ces derniers jours, lorsque le Saint-Père a signé un décret pour la canonisation de deux saintes palestiniennes. Elles seront officiellement canonisées à Rome l’été prochain. Un grand nombre de fidèles se rendront à Rome à cette occasion. La canonisation est l’honneur suprême accordé à un ou une fidèle qui a vécu selon sa foi, et qui constitue un modèle pour les autres fidèles qui peuvent bénéficier de son intercession. La première est Mariam Bawardi, originaire de Ibillin en Haute Galilée et fondatrice du monastère du Carmel à Bethléem. La seconde est la Bienheureuse Marie Alphonsine Ghattas, née dans la Vieille Ville de Jérusalem et co-fondatrice des Sœurs de la congrégation du Rosaire. Les deux saintes sont une source d’espérance pour l’avenir. Nous comptons sur leur intercession pour la paix en Terre Sainte.

1.« La pire des époques »

(I) Ce fut aussi « la pire des époques » cette année où nous avons été témoins d’une intensification de violences et de réactions hostiles en représailles. Cette guerre dévastatrice, dans un bain de sang à Gaza, fut ce qui nous a le plus bouleversé.

Au cours des dix dernières années, Gaza a subi trois guerres, des milliers de personnes ont été tuées, et des centaines de milliers blessées dans un lendemain de destruction et de désespoir… Grandes sont les responsabilités des dirigeants politiques – Israéliens et Palestiniens – pour trouver et faciliter une solution. Grande aussi est la responsabilité de la communauté internationale pour aider ces deux parties à s’aider elles-mêmes…

Nous condamnons la guerre à Gaza et déplorons ses conséquences dramatiques : la mort, la destruction ; et en même temps nous condamnons tout type de violence ou de vengeance à l’encontre de personnes innocentes comme l’assassinat de personnes en prière dans une synagogue et des attaques à l’encontre de mosquées. La même semaine, les Chefs Chrétiens de Terre Sainte ont visité la synagogue Har Nof pour condamner l’acte inhumain perpétré en ces lieux, et ont visité la Mosquée Al Aqsa pour demander le respect de l’ancien Statu Quo. Malheureusement, notre Ville Sainte bien-aimée Jérusalem a ruisselé de sang et de larmes. Nous ne voulons pas d’un antagonisme religieux dans cette Ville Sainte, dont la vocation est d’être la ville de la paix et de la coexistence interreligieuse.

(II) Au cours de visites pastorales dans nos paroisses, nous avons pu sentir, toucher et expérimenter la tragédie de nombreux réfugiés de Syrie et d’Irak : les familles qui ont perdu leur maison, leur travail, leurs proches et leurs parents. Il est poignant de voir ces enfants qui courent dans la poussière des camps, sans but et sans direction dans la vie. Parallèlement à la tragédie inhumaine qui se déroule au Moyen Orient dans le sang, et qui déchire la région, nous sommes tous surpris face à ces jeunes qui embrassent des idéologies radicales et partent combattre en Syrie et en Irak. D’un autre côté, nous sommes témoins d’une claire condamnation, de la part de dirigeants arabes et musulmans, de ces idéologies religieuses radicales.

III) La semaine dernière, l’Assemblée des Ordinaires Catholiques de Terre Sainte a publié un communiqué à propos de l’affaire de la Vallée de Crémisan. Nous espérons que la Cour Suprême israélienne laissera les 300 hectares de la Vallée de Crémisan, ainsi que les deux monastères Salésiens côté Palestinien. Aujourd’hui, nous sommes inquiets parce que les derniers développements de la récente audience penchent d’un autre côté. Nous craignons que la Cour décide que les terres appartenant au 58 familles chrétiennes Palestiennes, soient séparées de Beit Jala. Une telle décision ferait du mal à notre communauté et nous espérons que les juges sauront se laisser inspirer par des principes éthiques sans se soumettre à la pression politique.

Conclusion :

Au milieu de tous nos malheurs et de toutes nos souffrances, nous nous souvenons avec gratitude de la solidarité de nombreuses personnes, organisations et institutions, ainsi que de nombreux États, qui sont venus à notre aide sous différentes formes et de différentes manières.

La Naissance de Jésus est une promesse de miséricorde, d’amour et de paix pour d’innombrables personnes en proie aux souffrances et aux tribulations, pour tous ceux qui voient leurs vies brisées et leurs efforts entravés dans cette lutte et cette haine tumultueuse en ces jours de tempête.

A nos fidèles de Terre Sainte, à nos amis du monde entier et à nos pèlerins bien-aimés, à tous je vous souhaite un joyeux Noël et une nouvelle année pleine de paix et de bonne santé.



 


Clôture de l’année jubilaire Saint Louis

 

16 décembre 2015 2015

L’année jubilaire célébrant les 800 ans de la naissance et du baptême du roi Saint Louis s’est achevée en la fête du Christ Roi en la cathédrale Saint Louis de Versailles, le 23 novembre 2014.

Plusieurs évêques de la région parisienne étaient présents autour de monseigneur Eric Aumonier évêque de Versailles et du nonce apostolique en France, monseigneur Luigi Ventura. Mgr Eric Aumonier, a rappelé combien « la haute et proche figure de saint Louis demeure d’une grande actualité ».

Monseigneur Aumonier a tenu à clore cette année jubilaire en présence des chrétiens d’orient. Il a particulièrement prié pour que tous chrétiens soient courageux dans la résistance à toute forme de violence qu’elle soit mentale, morale ou physique, pour ne pas céder à la peur, ni à la lâcheté « par nos comportements, nos paroles ou nos silences »

La cérémonie a débuté par une série de témoignages des représentants des chrétiens d’orient, entrecoupés de chants maronites.
- Monseigneur William Shomali, vicaire patriarcal latin de Jérusalem a surtout insisté sur l’importance du dialogue interreligieux. Ajoutant que « si saint Louis avait vécu aujourd’hui il aurait certainement été un grand champion du dialogue ».
- Monseigneur Samir Nassar, archevêque maronite de Damas en Syrie est revenu sur l’importance de la mission, rappelant qu’au XIXème siècle six missionnaires sur dix étaient français. Il a souhaité que la France redevienne une nation missionnaire.
- Le père Kambar, de la communauté des chrétiens maronites de Tyr, a évoqué la figure de saint Louis à travers son regard d’enfant, fasciné « par la statue d’un roi qui ressemblait aux rois mages des crèches ». C’était la statue du « Saint Roi Louis IX protecteur des chrétiens d’Orient », un roi venu d’occident « qui a accordé le 24 mai 1250 la célèbre charte de protection des chrétiens d’Orient ». Le père Kambar a rappelé combien les chrétiens de son diocèse de Tyr sont fiers d’être jumelés avec ceux de la paroisse Sainte Jeanne d’Arc de Versailles. Lui aussi a conclu son allocution par une prière pour que la fille ainée de l’Eglise « se renouvelle et se relance dans le projet de nouvelle évangélisation ».
- Monseigneur Pascal Gollnisch, directeur de l’Oeuvre d’Orient est revenu comme tous les intervenants sur les souffrances des chrétiens d’Orient « persécuté à cause de leur foi ». Pour le directeur de l’Oeuvre d’Orient, « la vie, l’engagement, la foi des chrétiens d’Orient nous lance un défi : et vous chrétiens de France, êtes-vous encore fidèles au Nazaréen ? »
- Enfin, les carmélites d’Alep, en Syrie ont également envoyé un témoignage, à la demande de Monseigneur Aumonier. Elles y décrivent leur quotidien difficile, les privations d’eau liées à la guerre et à la sécheresse qui sévit depuis 2 ans, les bombes, les cinq familles de réfugiés qu’elles ont accueillies depuis plus d’un an, la détresse des populations. Les religieuses de cet unique carmel cloîtré de Syrie, fondé en 1964, se confient en Dieu et vivent leur foi au jour le jour, certaines que Dieu oeuvre à travers leur prières..

Retrouvez l’intégralité de ces interventions sur le site du diocèse de Versailles

Après l’encensement des reliques de saint Louis exposées dans la cathédrale, Monseigneur Luigi Ventura, représentant du Pape, a présidé l’office des vêpres. Dans son homélie, il a évoqué la figure de saint Louis. Ajoutant que l’on peut dire de saint Louis qu’il était dans le monde sans être du monde. « Aujourd’hui comme hier le monde a besoin de témoins et d’acteurs qui incarnent la volonté de mettre en oeuvre la foi de Jésus le Christ ».

Clôture de l’année jubilaire Saint Louis en images

Retrouvez les cérémonies de vénération de la Couronne d’Epines



 


Déclaration des chefs des Eglises de Jérusalem

 

12 novembre 2014 2014

Le 6 novembre 2014 – Face à l’aggravation rapide de la situation dans la Ville Sainte, les Patriarches et chefs des Eglises de Jérusalem ont publié le 6 novembre 2014 une déclaration dans laquelle ils font part de leur inquiétude et où ils condamnent l’escalade de la violence en appelant au respect du Statut Quo, tout spécialement sur le Haram al Sharif, l’esplanade des mosquées.

Déclaration des chefs des Eglises de Jérusalem

Nous, chefs des Eglises de Jérusalem, voudrions exprimer notre sérieuse inquiétude concernant les récentes activités sur Haram al Sharif, notamment la fermeture complète et des restrictions d’accès à la Mosquée Al Aqsa. Ces évènements ont été provoqués par des actes extrémistes qui deviennent un phénomène courant en Terre Sainte et dans la région.

Nous condamnons les menaces de modification du statut des Lieux Saints d’où qu’elles soient émises. Les Lieux Saints nécessitent une constante et vigilante protection afin que leur accès raisonnable soit maintenu comme prévu selon le Statu Quo prévalant pour les trois religions monothéistes.

L’accord existant du Statu Quo régissant ces trois sites a besoin d’être entièrement respecté pour l’intérêt de la communauté toute entière. Toute menace à sa continuité et à son intégrité pourrait rapidement conduire à des conséquences imprévisibles qui seraient plus que malvenues dans le climat politique délicat du moment.

Les Patriarches et chefs des Eglises de Jérusalem
+ Patriarche Théophile III, Patriarcat grec-orthodoxe
+ Patriarche Fouad Twal, Patriarcat latin
+ Patriarche Norhan Manougian, Patriarcat de l’Église apostolique arménienne orthodoxe
+ Fr . Pierbattista Pizzaballa, OFM, Custode de Terre Sainte
+ Mgr Anba Abraham, Patriarcat copte orthodoxe, Jérusalem
+ Archevêque Swerios Malki Mourad, Patriarcat syrien orthodoxe
+ Mgr Daniel Aba, Patriarcat orthodoxe éthiopien
+ Mgr Joseph- Jules Zerey, Patriarcat melkite
+ Archevêque Mosa El -Hage, Exarchat maronite
+ Mgr Souheil Dawani, Eglise épiscopale de Jérusalem et du Moyen-Orient
+ Mgr Munib Younan, Eglise évangélique luthérienne de Jordanie et de Terre Sainte
+ Mgr Pierre Malki, Exarchat syrien catholique
+ Mgr Joseph Antoine Kelekian, Exarchat arménien catholique



 


Pape François en Terre Sainte 2014

 

2 juin 2014 2014

Pèlerinage du pape François en Terre Sainte à l’occasion du 50ème anniversaire de la réunion à Jérusalem entre le pape Paul VI et le patriarche Athénagoras. - 24 au 26 mai 2014.

Revivez ce pèlerinage sur le site internet officiel de l’Assemblée des Ordinaires Catholiques de Terre Sainte à l’occasion de cette visite.
http://popefrancisholyland2014.lpj.org/fr/



 


L’Ordre du Saint Sépulcre, une présence discrète au chevet des chrétiens de Terre Sainte

 

6 mars 2014 2014

L’hémorragie des chrétiens du Moyen-Orient inquiète profondément l’Eglise catholique.

Entretien sur Radio Vatican avec le Gouverneur Général de l’Ordre, le comte Agostino Borromeo.

Retrouvez cet entretien sur le site de Radio Vatican



 


Bulletin des Ecoles du Patriarcat latin de Jérusalem

 

10 février 2014 2014

"Tour de France", du Sud Ouest au Nord, organisé par l’association toulousaine "Une Fleur pour la Palestine" avec la présence du Père Faysal Hijazen.

En ce début d’année 2014 recevez chers lecteurs nos VOEUX DE PAIX
et nos remerciements pour votre soutien et l’intérêt porté aux enfants et personnels de nos écoles et à leurs familles.
En particulier, à vous tous, individuels, groupes, paroisses et associations qui offrez la scolarité à des enfants de familles démunies, va notre sincère merci.

Trois événements, caractérisés par l’union de tous dans la diversité, ont marqué ce mois de janvier :
- La prière commune de tous les Chrétiens en la Semaine de l’Unité, comme le rappelle le Père Faysal Hizajen, Directeur général, dans son message adressé aux écoles.
- "Tour de France", du Sud Ouest au Nord, organisé par l’association toulousaine "Une Fleur pour la Palestine" avec la présence du Père Faysal Hijazen.

Ce "Tour de France" a été l’occasion de visites et d’échanges avec les donateurs de l’association, plusieurs paroisses, des directions diocésaines de l’enseignement catholique, le Ministère des Affaires étrangères, des représentants d’associations en lien avec la Terre Sainte.
- La journée de solidarité avec les réfugiés syriens du camp assiégé de Yarmouk.

Lire le bulletin n°11 de Janvier 2014



 


“L’Orient arabe, démuni de chrétiens, n’est pas l’Orient” S.B. Fouad Twal

 

12 septembre 2013 2013

Sa Béatitude Mgr Fouad Twal, patriarche latin de Jérusalem, Il y a une semaine, participait au sommet international qui se tenait à Amman sur le thème « les défis des chrétiens arabes ». Son discours :

Monsieur le Président de la conférence,
Leurs Béatitudes,
Leurs Eminences,
Leurs Excellences les Evêques,
Les honorables invités.

Nous tenons à remercier la Jordanie, dont en tête Sa Majesté le roi Abdallah II et Son Altesse Royale l’Emir Ghazi ben Mohammad, de cette initiative unique de son genre. La présence d’un grand nombre de dignitaires religieux, chrétiens et musulmans, est très significative et constitue une quasi réponse à ce qui se passe dans notre Orient, sous forme de défis et difficultés, voire d’une question de vie ou de mort pour notre peuple.

Le processus de paix entravé en Terre Sainte, constitue un obstacle majeur à l’évolution de notre société d’une manière générale, et de la situation des chrétiens en particulier. Il est temps que nous procédions à la solution du problème palestinien de façon équitable et acceptable. Or, cela n’est possible qu’à travers des efforts authentiques du côté de la communauté internationale et des grandes puissances, à condition que la position de ces forces soit juste et neutre. En l’absence d’une solution, nous resterons à la merci des coups de vent en Terre Sainte, au Moyen-Orient et dans le monde entier.

L’instabilité touche tout le monde, mais plus particulièrement les chrétiens : d’abord parce qu’il s’agit d’habitants qui s’associent aux autres dans l’angoisse qui enveloppe toute la société, et parce qu’ils sont eux-mêmes en même temps victimes de cet état étant chrétiens, tout comme l’a déclaré dans son discours SAR l’Emir Ghazi. Notons que tous les évènements qui ont affecté la région ont laissé un effet négatif, et en particulier, par rapport aux chrétiens (Iraq, Syrie, Egypte, Liban, Palestine). Ces derniers se sentent visés de façon particulière, ce qui nourrit la crainte dans les cœurs, et ce qui les amène donc à émigrer, malgré toutes les assurances qui leur parviennent d’ici et là.

En Terre Sainte, à Jérusalem en particulier, où le processus de judaïsation se poursuit, de même que la construction d’agglomérations, nous avons la douleur de signaler que notre situation catastrophique ne préoccupe plus ni la communauté internationale, ni les pays arabes islamiques, puisque l’attention est maintenant braquée sur le pénible conflit syrien, ou sur la problématique situation en Egypte. Discours et promesses ne sont guère suffisants, que ce soit du côté arabe, islamique ou occidental. Les gens, ayant perdu confiance en ces promesses, rêvent d’émigrer à l’étranger, pour justement échapper à une conjoncture qu’ils ne peuvent plus supporter. Plus de remords en cas de vente d’habitations, de propriétés, héritées de nos ancêtres – un moyen de s’assurer du processus d’émigration, fuyant le pays vers d’autres horizons. L’Orient arabe, démuni de chrétiens, n’est pas l’Orient que nous connaissons, que nous aimons.

L’ancien discours, en effet, ne convient plus à un présent à formules anachroniques. Avoir recours à un discours reposant sur le passé, sans toucher aux problèmes des temps modernes, n’est plus acceptable. Ecouter des discours dans des salles fermées au sujet de la tolérance, de l’acceptation d’autrui, mais sans les déclarer ouvertement et publiquement, n’est plus acceptable non plus. Le chrétien est le frère du musulman, et le musulman et le frère du chrétien. Voici le message d’Amman qui devrait se transformer en réalité dans les curricula pédagogiques, dans les discours religieux, ainsi que les medias religieux.

Nombreux sont ceux qui vivent leur présent à travers le passé, leur passé devenant le rêve du futur. La charte de Muawiya, l’honorable position d’Omar, les versets coraniques, tout cela ne nous aide plus à rien, ce qui engendre l’inquiétude dans le cœur de nombreux dirigeants chrétiens et musulmans. Cette inquiétude a poussé Sa Majesté le roi Abdallah II, gardien de la Terre Sainte, à une telle initiative, et nous l’avons bien accueillie. Nous soutenons les efforts de Sa Majesté pour encourager nos fidèles, une modeste tentative de dissiper la crainte dans les cœurs, d’éviter par la suite l’émigration des habitants et de l’intelligentsia, et de réveiller la conscience chez ceux qui détiennent le sort des masses. De là provient l’importance de notre rencontre.

Il est certain que l’élément de la religion qui nous unit – les chrétiens du Moyen-Orient à l’Occident – ne peut servir d’excuse chez d’aucuns pour lier les chrétiens de l’Orient à la politique de l’Occident et ses intérêts.

Ce qui nous unit à l’islam, avec tout ce qu’il comporte comme versets appelant à la fraternité, en citant des textes tirés de l’Evangile et du Coran, ne nous protège plus face à un fanatisme aveugle chez certains groupes extrémistes qui ne connaissent aucune miséricorde, et ne met pas un terme à la souffrance du chrétien. De surcroît, le silence de l’islam modéré et rationnel, mais sans influence aucune sur le cours des évènements, nous place devant un état de panique.

En revanche, il nous incombe de faire face à ces courants extrémistes avec courage et clairvoyance, à travers notamment un plan pédagogique sain, mettant en exergue les aspects positifs de l’islam, de la chrétienté et du judaïsme, afin de permettre l’émergence d’une génération nouvelle, favorable à une ouverture d’esprit et une acceptation de l’autre. Il est de plus très important de créer une opinion publique qui s’oppose à ces courants, qui les isole, qui restreigne leur influence, leur emprise sur la société. Dans ce contexte les medias jouent un rôle pionnier. Il y a lieu d’adopter un plan de travail sérieux pour faire face à ces courants extrémistes, pour le bien-être de la société en général, et la sûreté et la stabilité des chrétiens en particulier, afin de les encourager à contribuer réellement et effectivement à fonder une société à l’écart de la marginalisation.

A nous, les dignitaires religieux, chrétiens et musulmans, il appartient de savoir comment se soutenir spirituellement et socialement afin d’affronter la richesse de la civilisation occidentale, voire ses dangers, ainsi que les vagues de la violence et de l’extrémisme religieux.

Une vision des gros capitaux qui se versent sur l’autel des guerres civiles pour des intérêts mondains, nous invite à nous poser une question à laquelle il n’y a pas de réponse : pourquoi ce colossal gaspillage ? Pourquoi ne pas débourser ces fonds pour Al Quds, ses institutions et ses citoyens, en y construisant des habitations par exemple ? Pourquoi ? Pourquoi ? …

Nonobstant les défis, nous continuerons à vivre dans l’espérance. Nos communautés sont capables de prendre leur sort en main, aussi de se construire une société solidaire, plaçant la vie commune en tête de ses priorités. Or, cela ne vient pas spontanément, mais requiert pour y arriver une action méthodique à tous les niveaux.

Mes chers auditeurs,

Le temps enfin passe vite, les évènements se précipitent aussi. Œuvrons pour un avenir meilleur pour nos enfants – un avenir où chacun de nous se sente rassuré, quant à sa propre personne, sa famille, ses propriétés, sa religion et ses sanctuaires…

+ Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem

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Source : http://fr.lpj.org/2013/09/10/lorient-arabe-demuni-de-chretiens-nest-pas-lorient-s-b-twal/



 


Visite officielle de sa Béatitude Fouad Twal

 

14 octobre 2013 2013

Le Patriarche latin de Jérusalem, Grand Prieur de l’Ordre du Saint Sépulcre, était en visite officielle pour la première fois dans notre pays, du 30 juin au 4 juillet 2013.

Sur le plateau de KTO pour un entretien exceptionnel, S.B. Fouad Twal interpelle la France afin qu’elle s’engage davantage politiquement au Moyen-Orient et livre sans détour son analyse sur les conflits qui secouent les pays arabes, de la Syrie à l’Egypte en passant par la Terre Sainte. C’est aussi une invitation concrète à prier pour les chrétiens de Terre Sainte où "on ne peut pas vivre sans la Croix"..

A Notre-Dame de Paris, Monseigneur Fouad Twal, a présidé dimanche 30 juin la messe de 18h30 lors de laquelle il a donné l’homélie. Retrouvez ce grand moment grâce à KTO-TV.


- Homélie de Monseigneur Fouad Twal à partir de 25mn du curseur d’avance.
- Remerciements de Mgr. Jacquin, recteur de la cathédrale à partir de 1h 16mn.



Monseigneur Fouad Twal, nous parle de la situation des chrétiens du Proche et Moyen-Orient dont il a la charge.
L’entretien sur Radio-Notre-Dame
- Un État, plusieurs diocèses ?
- Être chrétien en Orient : « une mission »
- Le rôle de l’Église et des pays étrangers

Réécouter l’émission


Le 3 juillet, il est venu à la Maison de la Conférence des évêques de France pour parler des chrétiens d’Orient et de la situation politique au Moyen-Orient.

Mgr Twal : « Je ne suis pour personne, je suis pour la paix »

« Si la paix est pour tout le monde, les chrétiens en profiteront aussi », a souligné Mgr Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem. Ce diocèse couvre quatre Etats : Israël, l’Autorité Palestinienne, la Jordanie et Chypre. Le passage de Mgr Twal à Paris lui a permis de sensibiliser l’opinion française au problème des chrétiens d’Orient dans le contexte syrien actuel et des réfugiés qui affluent en Jordanie. « Nous n’avons pas le droit de nous taire avec 92 000 morts en Syrie ! Nous ne souhaitons pas que les chrétiens partent », a-t-il dit. Il était aussi question de la situation en Israël et en Palestine, du "processus de paix" et du quotidien des chrétiens en Terre Sainte. Le Patriarche a pu s’entretenir avec le Président du Conseil français du culte musulman.

Mgr Twal, accompagné de Mgr Maroun Lahham, évêque de Jordanie, a célébré la messe à Notre-Dame de Paris et s’est rendu chez le nonce apostolique en France, Mgr Luigi Ventura. Il a également rencontré, le cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris et Mgr Pontier, le nouveau président de la Conférence des Evêques de France. « Je remercie l’Eglise en France pour sa bonne collaboration. La présence française à Jérusalem au niveau social et éducatif est importante. Plusieurs congrégations sont sous la protection du consulat français de Jérusalem. J’invite les pèlerins français à venir pour montrer aux chrétiens à Jérusalem qu’ils ne sont pas abandonnés », a déclaré Mgr Twad.

Lors de son séjour en France, Mgr Twad a rencontré le ministre de l’intérieur et des cultes, Manuel Valls, et son homologue pour les affaires étrangères, Laurent Fabius. « Nous avons toujours souhaité que l’occident nous écoute avant de prendre une décision. Nous souhaitons une aide politique en plus d’un soutien matériel », a affirmé Mgr Twal. Le ministre des affaires étrangères lui a remis les insignes de Grand Officier de la Légion d’honneur.

La visite aux instances française liées aux Eglises d’Orient
Mgr Twad a rencontré le Secours catholique-Caritas France, l’Œuvre d’Orient, le Réseau Barnabé, le CCFD - Terre Solidaire, l’AED, l’association des Œuvres du Saint Sépulcre en France, l’ordre du Saint Sépulcre de Jérusalem, l’association « Chrétiens de la Méditerranée », Justice et Paix, Fidesco, la DCC et la Corref.

Il a également visité l’exposition des 250 chefs-d’œuvre de la Basilique du Saint-Sépulcre, au château de Versailles organisée par la Custodie de Terre Sainte.
Site de la conférence des évêques de France


Rétrospective du voyage du Patriarche à Paris
Florilège dans la presse et album photos. site du Patriarcat Latin de Jérusalem



 


La Terre Sainte dans le cœur du Pape

 

16 avril 2013 2013

Le Saint Père a reçu le 15 avril 2013, S.B. Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem à la tête d’une délégation composée de ses vicaires pour Israël, la Palestine, la Jordanie et la communauté hébréophone de Terre Sainte.

Le nouvel archevêque de Tunis et une demie-dizaine de prêtres du Patriarcat latin étaient également reçus par le pape François.

Cette rencontre aura d’abord été l’occasion pour le Patriarche et la délégation qu’il conduisait de réaffirmer la communion avec le nouveau successeur de saint Pierre et avec l’Église universelle en apportant les prières des fidèles de Terre Sainte au nouveau Pape. Naturellement, aussi, la délégation patriarcale a demandé au pape François des prières pour la Terre Sainte afin que les chrétiens qui y vivent puissent continuer à demeurer dans les lieux où Jésus a vécu.

C’est pour cela que le Patriarche a non seulement présenté l’Eglise de Terre Sainte mais également détaillé la réalité quotidienne du « petit troupeau » chrétien qui la forme. Radio Vatican s’est fait l’écho de cette rencontre en soulignant que la paix au Moyen-Orient, la situation des chrétiens dans la région, mais aussi la crise syrienne et le nombre toujours plus important de réfugiés syriens dans les pays voisins (dont la Jordanie) ont été les thèmes forts de l’entretien qu’a eu le Patriarche avec le Saint Père. Au micro de la radio vaticane, le Patriarche a confié avoir eu la belle impression de parler à « un frère » le considérant comme un homme « humble » et « qui a le don de l’écoute sans prétendre tout savoir. » Le Patriarche a renouvelé son espérance de voir venir le Pape sur la Terre du Salut, sûr qu’il prolongera les efforts diplomatiques de ses prédécesseurs pour que viennent la paix et la justice sur Jérusalem. A l’issue de la rencontre, le Pape n’a pas hésité à déjeuner avec toute la délégation à la Maison Sainte Marthe et dans leur bagages, les membres de la délégation patriarcale repartent avec la ferme intention de dire à leur fidèles, une fois revenus en Terre Sainte : « le grand amour du Pape pour l’Eglise qui vit et prie dans les lieux où Jésus-Christ a vécu. »

Le nombre des chrétiens divisé par deux depuis 2000

Un message qui sonne comme un encouragement qui vient du cœur et qui arrive à point nommé pour réconforter les fidèles de Terre Sainte qui viennent d’apprendre par une étude que le pourcentage de chrétiens en Palestine a été divisé par deux en treize ans passant de 2 à 1 % entre 2000 et 2013. Par ailleurs, Jérusalem qui, en 1948, comptait 27 000 chrétiens, a vu leur nombre se réduire à quelque 5 000. C’est ce que révèle le travail du professeur Hanna Issa parvenu à l’Agence Fides. L’auteur est chrétien palestinien, enseignant de Droit international et Secrétaire général du Comité islamo-chrétien pour la sauvegarde de Jérusalem et des Lieux Saints. La diminution serait en grande partie due aux phénomènes d’émigration et à des taux de croissance démographique beaucoup moins élevés que dans la population musulmane.

L’étude du Professeur Issa indique – selon l’agence Fides – qu’actuellement les chrétiens présents dans les Territoires palestiniens sont au nombre de 47 000 alors que 110 000 vivent dans les régions constituant depuis 1948 l’État d’Israël.

Christophe Lafontaine http://fr.lpj.org



 


“L’éducation : clé de voûte pour l’avenir”

 

10 septembre 2012 2012

Le 7 septembre, Mgr Fouad Twal a donné une conférence à Milan intitulée « Jérusalem, patrie commune pour tous les chrétiens et cœur du monde ». Son allocution conclut le congrès sur Jérusalem organisé par la « Fondazione Ambrosiana Paolo VI » et « l’Università Cattolica del Sacro Cuore » du 3 au 7 septembre 2012

- Au début de son allocution le Patriarche a présenté les caractéristiques générales de Jérusalem et sa vocation.
- Mgr Fouad Twal a ensuite évoqué l’historique de la relation entre le Saint Siège et les Lieux Saints.
- Une vague d’émigration chrétienne…
- Dans la dernière partie de sa conférence, Mgr Twal a décrit le visage de l’Eglise de Jérusalem d’aujourd’hui.
- Avant de conclure, Mgr Twal a insisté sur le grand défi de l’Eglise d’aujourd’hui et de demain : l’éducation.

Lire l’article d’ Amélie de La Hougue



 


1847-2017 : Les 170 ans du Patriarcat latin de Jérusalem

 

25 octobre 2017

HISTOIRE – Le 10 octobre 1847, Mgr Joseph Valerga était consacré patriarche de Jérusalem, après l’annonce de la refondation du Patriarcat latin de Jérusalem par le pape Pie IX dans le bref Nulla Celebrior du 23 juillet 1847.

Pour célébrer cet anniversaire, William Simpson, chevalier de l’Ordre du Saint Sépulcre de la lieutenance de Luxembourg, retrace dans un article l’origine et l’histoire de cette refondation. Il nous explique dans une interview sa passion pour cette période de l’histoire de Jérusalem.

William Simpson, votre métier de juriste dans un établissement bancaire n’est a priori pas ce qui vous a amené à faire de telles recherches historiques. Comment en êtes-vous arrivés à consacrer du temps pour travailler sur l’histoire du Patriarcat latin ?

Mes études à l’Institut d’Études Politiques d’Aix-en-Provence m’ont amené à étudier l’Histoire et notamment la période de la Guerre de Crimée. J’ai découvert alors que Jérusalem et la protection des Lieux Saints étaient un enjeu majeur du conflit et ai commencé à m’intéresser à l’histoire de la Terre Sainte au XIXe siècle. Par la suite, je me suis rapprochée de l’Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem dont je suis aujourd’hui membre et j’ai cherché à connaître de près l’origine et l’histoire de l’Ordre. J’ai découvert à ce moment-là que la refondation du Patriarcat latin favorisa la refondation également de l’Ordre et j’ai eu envie de comprendre et de faire comprendre les événements politico-religieux qui ont entouré ces deux refondations.

Ce travail a dû vous prendre beaucoup de votre temps libre, que vous a-t-il apporté ?

Le plaisir de découvrir une époque qui me passionne mais aussi des hommes exceptionnels : la vie du pape Bienheureux Pie IX est particulièrement intéressante à étudier. Ce pape dont le pontificat est encore aujourd’hui le plus long de l’histoire fut un homme d’État et un homme d’Église qui a laissé de nombreuses traces de son passage au-delà de la refondation du Patriarcat latin de Jérusalem. Il a convoqué Vatican I qui affirme l’infaillibilité du Pape, il a proclamé le dogme de l’Immaculée Conception et a développé la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus. Adulé par les uns, détesté par les autres, il n’a laissé personne indifférent et moi-même j’ai été touché par ce personnage.

Mgr Valerga qui fut le premier patriarche latin de Jérusalem n’est pas non plus un homme ordinaire. Jeune ecclésiastique brillant, il est très vite envoyé dans les délégations apostoliques du Moyen-Orient et c’est à 34 ans qu’il est nommé Patriarche latin à Jérusalem. En très peu de temps il est parvenu à créer le séminaire de Beit Jala, initier la refondation de l’Ordre du Saint-Sépulcre et lancer la construction de la co-cathédrale.

J’ai eu enfin la chance de pouvoir échanger avec des spécialistes reconnus de l’histoire de Jérusalem et du Patriarcat tels que le Père Hanna Kildani qui a publié une thèse sur le Christianisme moderne en Jordanie et en Palestine et qui est aujourd’hui Vicaire patriarcal en Israël ou bien encore l’universitaire Paolo Pieraccini qui a publié de nombreux ouvrages sur cette période passionnante.

Est-ce aussi une façon pour vous de répondre à votre vocation de chevalier du Saint Sépulcre ?

Oui bien sûr. A défaut de pouvoir y venir régulièrement – faire ce voyage avec nos quatre jeunes enfants n’est pour l’instant pas des plus faciles à envisager – je voyage à Jérusalem à travers mes recherches et j’espère que je donne le goût de découvrir ce lieu unique à ceux qui entendent mes conférences. Je vis bien sûr aussi cet appel dans ma vie chrétienne au quotidien, dans mon engagement dans la Lieutenance et dans la Conférence Saint-Yves[1] dont je suis actuellement le président au Luxembourg. Le Christ est ressuscité à Jérusalem mais nous appelle à témoigner partout de Son amour pour nous !

Propos recueillis par Cécile Klos
Source : site du Patriarcat

Télécharger la Présentation de William Lindsay SIMPSON



 


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