Oeuvres de l’ordre équestre du Saint-Sépulcre en France
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Chrétiens de Terre Sainte



Patriarcat Latin de Jérusalem

 

18 juin 2015 2015

Vidéo d’un entretien sur la présence catholique en Terre Sainte. Version française réalisée par l’Association des Oeuvres du Saint Sépulcre en France.

- "La Foi est l’assurance des choses que l’on espère, la preuve des choses invisibles" (He 11:1).
- "Montre moi ta Foi sans tes oeuvres et je te montrerai ma Foi par mes oeuvres" (Je 2:18)

Entretien avec :
- Fr. James Kahler, directeur du séminaire latin
- Sa Béatitude Fouad Twal, patriarche latin de Jérusalem
- Mgr William Shomali, vicaire patriarcal de Jérusalem
- Fr. Emil Salayta, du patriarcat latin
- Fr. Imad Twal, administrateur général du patriarcat latin de Jérusalem

Venez et voyez, la Terre Sainte a besoin de vous !



 


Cahiers pour la Terre Sainte

 

13 février 2014 2014

Si nous voulons connaître mieux la Terre Sainte, c’est d’abord pour la gloire de Dieu, et pour le service de l’Église, pour mieux connaître notre foi, mieux aimer nos frères qui y vivent, et contribuer ainsi avec eux à la paix, à la concorde et à la justice.

Dieu a opéré notre salut au milieu de la Terre.(Ps 73,12)

La Terre Sainte est hélas d’une actualité permanente. Depuis 1917, elle est même le l’enjeu d’une nouvelle guerre de cent ans. Et pourtant notre propos n’est pas d’entrer dans les arcanes de la politique ou de la géopolitique. Il existe sur cette Terre des souffrances, des violences et des passions, de part et d’autre, que nous connaissons par notre expérience personnelle et les informations de tous genres. Mais c’est sous son aspect de Centre du monde que nous voulons ici parler de notre Terre Sainte.

C’est cette Jérusalem que j’ai placée au centre des nations (Eze.5,5)

La Terre Sainte, et particulièrement Jérusalem, est le centre du monde pour près de la moitié des hommes. Pour les juifs d’abord, à cause de toute la Promesse, du mont Moriah, lieu du sacrifice d’Abraham et de la Shekina, présence de l’Éternel dans le Saint des Saints du Temple. C’est à cause d’elle qu’ils ont chanté au long des âges :

Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite m’oublie, que ma langue s’attache à mon
palais (Ps 137)


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Cahiers pour la Terre Sainte N°1

Cahiers pour la Terre Sainte n° 1 - janvier 2012

- Sommaire

  • Éditorial du Lieutenant
  • Pourquoi ces Cahiers pour la Terre Sainte ?
  • La Terre Sainte hier et aujourd’hui : quelques notes
  • Trois papes en Terre Sainte (première partie)
  • Saint-Onuphre au Janicule
  • Louis Massignon et Jérusalem
  • Conseils aux missionnaires
  • Le rétablissement du Patriarcat latin en 1847

Chroniques

  • La Terre Sainte dans les livres
  • La Terre Sainte en France
  • La Terre Sainte vivante

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Cahiers pour la Terre Sainte N°2

Cahiers pour la Terre Sainte n° 2 - juillet 2012

- Sommaire

  • Éditorial du Lieutenant
  • Louis Massignon et Hébron, al-Khalîl
  • Les clés de Saint Pierre et la croix de Godefroy
  • Prière à Notre Dame de Palestine, Méditation,
  • Sainte Thérèse de Lisieux et la Terre Sainte
  • Grégoire VII, Urbain II – L’appel à la croisade
  • Les armes de Sa Béatitude le patriarche Fouad Twal

Chroniques

  • La Terre Sainte dans les livres
  • La Terre Sainte en France
  • La Terre Sainte vivante


 


Statistiques : les chrétiens en Israël - Noël 2011

 

6 février 2014 2014

En la veille de Noël en 2011, 154 500 chrétiens vivaient en Israël, ce qui représente 2% de la population de l’État d’Israël. (Communiqué du Bureau central des statistiques en Israël).

• 80,4% des chrétiens en Israël sont des arabes chrétiens. Les autres sont principalement des chrétiens ayant immigré en Israël avec des membres juifs de leurs familles en vertu de la Loi du Retour (en comptant également leurs enfants nés en Israël). La plupart d’entre eux sont arrivés dans la vague d’immigration des années 1990 provenant de l’ancienne Union soviétique.

• Les villes avec le plus grand nombre de chrétiens arabes sont Nazareth (environ 22 200), Haïfa (13.800), Jérusalem (11.600) et Shfaram (9300), à compter de la fin de 2010.

• Le nombre d’enfants moyen jusqu’à l’âge de 17 ans dans les familles chrétiennes est de 2,2. Cela correspond au nombre d’enfants dans les familles juives (2,3) et constitue un taux plus faible que dans les familles musulmanes (3,1).

• Le pourcentage de chômage parmi les chrétiens âgés de 15 ans et plus était de 4,9% (4,8% chez les hommes et 5,1% chez les femmes).

• Le taux de croissance de toute la population chrétienne est de 0,9% (1% pour les arabes chrétiens et 0,7% pour les autres chrétiens) - contre 1,7% pour la population juive et 2,7% pour la population musulmane.

Mariage et fertilité / Foyers et familles

• 758 couples chrétiens se sont mariés en Israël en 2009, la plupart d’entre eux étaient des arabes chrétiens.

• L’âge moyen des époux chrétiens dans un premier mariage en 2009 était de 29,1, soit un an et demi de plus que les époux juifs, deux ans de plus que les druzes et environ trois ans et demi de plus que les musulmans.

• En 2010, 2511 enfants sont nés de femmes chrétiennes, dont 79% étaient des chrétiennes arabes (1985 enfants).

• La taille moyenne des foyers a été estimée à 3,5 personnes, c’est légèrement supérieur aux familles juives (3,1), mais bien inferieur à la taille des foyers au sein de la population musulmane qui compte en moyenne 5,0 personnes.

Éducation - Etudiants chrétiens

• Au fil des ans, les arabes chrétiens ont obtenu les plus forts taux de réussite aux examens d’admission, en comparaison avec les musulmans et les druzes et avec tous les étudiants dans le système éducatif juif. Dans l’année scolaire 2010, 63% des étudiants chrétiens de 12e année ont obtenu un certificat d’immatriculation, contre 46% des musulmans, 55% des druzes et 58% des étudiants dans le système éducatif juif.

Enseignement supérieur et science
Etudiants chrétiens - 2009-2010

• Dans l’année scolaire 2010, il y avait 5300 étudiants chrétiens, constituant 1,8% de tous les élèves des établissements d’enseignement supérieur en Israël.

• Parmi les étudiants chrétiens, 92,3% étaient arabes (4900 étudiants) et 7,7% étaient des immigrants récents qui sont arrivés sous la Loi du Retour (400 étudiants).

• Parmi tous les élèves chrétiens, 82,7% étudiaient en vue d’un baccalauréat, 14,9% étudiaient en vue d’une maîtrise et 2,4% ont étudié en vue d’un doctorat.

• Parmi les chrétiens arabes étudiant en vue d’un baccalauréat, la matière principale était le droit (11,4%) suivi du baccalauréat en sciences sociales (9,3%), les soins infirmiers (4,8%), l’économie (4,5%), le business management (3,7%), l’informatique (3,7%), les études générales en sciences humaines (3,5%), l’ingénierie électrique (2,7%) et la langue et la littérature anglaises (2,5%).

Source : site web du Patriarcat Latin de Jérusalem

Source : site web du Ministère israélien des Affaires étrangères

Crédit photos : www.st-joseph-haifa.org



 


L’Eglise latine en Terre Sainte

 

15 octobre 2011 2011

Le jour de la Pentecôte, à Jérusalem, Jésus répand l’Esprit Saint sur le groupe de ses apôtres et disciples rassemblés au Cénacle qui ont cru en Lui et ont reçu la mission d’êtres ses témoins partout dans le monde.

C’est la naissance de l’Eglise. Dès lors, le nombre de fidèles augmente toujours davantage et pendant 4 siècles l’Eglise reste unie.Mais, à la suite des Conciles oecuméniques d’Ephèse en 431 et de Chalcédoine en 451 sur la double nature –humaine et divine- du Christ, l’Eglise se divise, donnant naissance à diverses églises schismatiques. L’Eglise originaire de Jérusalem reste, elle, fidèle à la doctrine des Conciles christologiques.

Source : H2ONews



 


Les 14 Eglises chrétiennes de Terre Sainte

 

15 octobre 2011 2011

En Terre Sainte, l’Eglise est une véritable mosaïque !

Il suffit d’entrer au Saint-Sépulcre, en plein cœur de la vieille ville de Jérusalem, considéré comme un lieu très saint par une grande partie des chrétiens, pour se rendre compte que cette Eglise est un enchevêtrement de diverses communautés. Des communautés qui se juxtaposent, chacune avec sa couleur propre, son rite, sa longue liturgie, sa tradition… Cette Eglise, appelée « Eglise de Jérusalem », fondée par Saint Jacques, est la « Mère de toutes les Eglises » et toutes les confessions chrétiennes (catholique, orthodoxes et protestante) tiennent à être représentées dans cette capitale de l’univers religieux, avec leurs 7 rites (latin, grec, maronite, syrien, chaldéen, copte, arménien).

Source : H2ONews



 


La Terre Sainte

 

30 avril 2010 2010

La Terre Sainte c’est ce petit territoire du Proche Orient, entre Méditerranée, désert du Sinaï, montagnes du Liban et désert arabique qui vu se dérouler l’histoire du Salut.

La Terre Sainte c’est ce petit territoire du Proche Orient, entre Méditerranée, désert du Sinaï, montagnes du Liban et désert arabique qui vu se dérouler l’histoire du Salut. De l’arrivée et de l’installation d’Abraham, père des croyants, à Hébron, et de la conquête de la Terre promise à Moïse jusqu’au Royaume de David et de Salomon. C’est aussi la Terre de tous les prophètes, d’Isaïe à Malachie et à Saint Jean Baptiste. C’est enfin, de Bethléem à Nazareth et de Tibériade à Jérusalem, la Terre de l’Evangile, la Terre de la vie, de la Passion et de la Résurrection de Jésus Christ.

C’est donc la Terre sainte pour les Juifs, et pour les Chrétiens mais Jérusalem est aussi un Lieu saint pour les Musulmans qui y vénèrent le souvenir des prophètes.

Le centre de cette Terre sainte c’est, à Jérusalem, le lieu de la mort, du Sépulcre et de la Résurrection qui nous sauve.

Les chrétiens, depuis les origines, n’ont jamais cessé de vivre et aussi de venir prier sur cette Terre. Aujourd’hui comme depuis deux mille ans ils viennent y lire dans les paysages, dans les pierres , et dans les cœurs de leurs frères, le « cinquième Evangile ».

La Terre Sainte comprend aujourd’hui Jérusalem, Israël, les Territoires Palestiniens et une partie de la Jordanie. Elle souffre depuis soixante ans d’un état de guerre interminable.



 


Jérusalem

 

27 septembre 2010 2010

Le jeune orientaliste français Louis Massignon , après une randonnée scientifique au Maroc, de Tanger à Fès, en 1904, avait découvert Le Caire en 1906, en vue d’y pousuivre des recherches et, plus tard, l’Irak où la « Visitation de l’Etranger » l’avait ramené à la foi catholique de son enfance après une nuit de désespoir et une tentative avortée de suicide, alors qu’un bateau le ramenait de Kût el-Amâra à Bagdad, en suivant le cours du Tigre.

Louis Massignon et Jérusalem, par le père Père Maurice Borrmans, professeur émérite du Pontificio Istituto di Studi Arabi e d’Islamistica de Rome

La Palestine était alors sous administration ottomane et Jérusalem était bien loin de ses pensées, mais ses recherches commencées sur le témoignage du « martyr de l’islam » que fut al-Husayn ibn Mansûr al-Hallâj au Xème siècle l’avaient amené à s’interroger sur le mystère de la mort accueillie par substitution Il s’était retrouvé sous-lieutenant d’infanterie coloniale sur le front de Macédoine en 1916. C’est le 21 avril 1917 qu’il était arrivé à Port-Saïd, comme capitaine, détaché à la mission franco-britannique Sykes-Picot qui était appelée à délimiter les zones d’influence française et anglaise en Proche-Orient. Ce lui fut l’occasion d’échanger très souvent avec le fameux « Laurence d’Arabie », l’artisan de la révolte des Arabes du Hijâz contre la puissance ottomane. Avec lui, il allait regretter que les puissances alliées ne tiennent pas leurs promesses vis-à-vis du chérif Husayn de la Mecque et de son fils, Faysal, « commandant arabe de l’armée du Nord ». Tous deux entrèrent donc à Jérusalem, le 11 décembre 1917, à la suite du général Allenby : pour la première fois, L. Massignon découvrait la « ville sainte » telle que l’avaient développée des siècles d’administration ottomane. On sait ce qu’il advint d’une certaine politique moyen-orientale qui créa des mandats anglais et français là où d’autres avaient promis ou rêvé d’un Etat arabe hachémite. Douloureuse expérience pour un L. Massignon pour qui « la parole donnée » était sacrée. Au terme d’une altercation amicale, Lawrence ne lui avait-il pas dit : « Vous aimez les Arabes plus que moi » ? A Jérusalem, en décembre 1917, L. Massignon avait ainsi découvert la « ville sainte » et y avait fait son pèlerinage de chrétien à Gethsémani comme au Saint Sépulcre, y visitant aussi, à Sainte Anne, le Séminaire des Grecs Melchites tenu par les Pères Blancs.
C’est bien souvent que, par la suite, L. Massignon visitera Jérusalem et en fera l’objet de ses méditations et de ses publications, en novembre 1920, puis à la fin de 1927, de 1928 et de 1930, priant même à Sodome et intercédant pour tous ceux qui se laissent tenter par l’uranisme. Il y sera de nouveau en mars 1934, y visitant l’Ecole Biblique, puis au début de 1940 et en octobre 1946. Le 9 mars 1921, il avait donné une communication à la Société de sociologie de Paris, « Le sionisme et l’islam » , puis, plus tard, 9 novembre 1921 « L’Arabie et le problème arabe » où il avait alors fait le point de la situation. Mais c’est en 1948 qu’il s’y retrouve en des circonstances dramatiques : « Si je suis revenu, il y a huit semaines, à Jérusalem, écrit-il alors le 30 avril, c’est parce que chrétien, je me sentais tenu, à tous les risques, de situer et de consacrer ma prière, là où ‘le ciel a visité la terre’ ; Charles de Foucauld m’a d’ailleurs légué cette règle de vrai ‘Nazaréen’, qu’on ne peut consommer sa vocation nationale qu’en s’expatriant, parfois jusqu’en Terre sainte, pour l’y méditer. A peine sorti de l’olivaie, semée de violettes, de Gethsémani, je retombai en pleine fusillade judéo-arabe […]. Hier, c’était la prise de Haiffa, par la Haganah et la perspective d’expulsion pour bien des familles chrétiennes arabes, s’ajoutant à l’exil des 20.000 habitants chrétiens de Haiffa déjà évacués par force, depuis novembre 1947, sur le Liban » . L. Massignon a refusé d’emblée « le partage de la Palestine », convaincu avec son ami juif Judah Leib Magnes, fondateur de l’Université hébraïque en 1925, que « le seul vrai péril qui menace Israël dans le Sionisme terroriste, c’est qu’il renie la vocation plus qu’internationale, supranationale, que Dieu, qui est sans repentir, lui a fixée ici-bas ». Il l’avait rencontré à Jérusalem le 26 février, alors que Magnes allait mourir, la même année, à New York, le 28 octobre, lui qui « réclamait pour l’Islam et les Arabes l’égalité (et) avait réprouvé l’inique partage d’une Terre sainte également sacrée pour les trois grandes religions » .
Solidaire des Arabes, chrétiens et musulmans, et convaincu que la vocation d’Israël transcende les choix nationalistes du sionisme, L. Massignon fait alors entendre une voix prophétique en cette année du partage de la Palestine décidé par les Nations Unies, année qui voit la première guerre israélo-arabe attribuer par les armes à Israël des territoires qui ne lui étaient pas attribués par cet accord de partage. C’est le cas de Nazareth, conquise le 17 juillet par les volontaires de l’Irgoun, qui lui fait écrire dans Témoignage chrétien, le 23 juillet, « Il faudrait tout de même savoir qui c’était, ce nommé Jésus-Christ » . Il s’en explique plus largement en un long article intitulé « La Palestine et la paix dans la justice » où, reconnaissant que « les Juifs ont gardé le désir spirituel de la Terre sainte, considérée comme le gage matériel d’une promesse dépassant la matière » et que « les Arabes, eux aussi, ont eu dès l’origine le désir de cette terre ‘ma‘mûra’, d’où le nomade est exilé. L’islam a connu ce désir sous forme d’un rêve du Prophète, un an avant l’hégire, quand il se crut transporté de nuit à Jérusalem et, de là, au ciel, ce qui lui fit prendre, seize mois durant, comme direction de la prière le nord, Jérusalem ». C’est toujours au nom de la justice pour tous que L. Massignon prend alors la défense des « réfugiés arabes » de tous bords, en son article « Ce qu’est la Terre sainte pour les communautés humaines qui demandent justice » ; en conclusion de sa pertinente analyse des groupes humains qui s’y affrontent au nom de promesses ou de traditions contrastées, il ose espérer encore : « Nous croyons avoir démontré que, loin d’être divergentes, elles (les forces spirituelles en présence) pourraient tendre à l’unité, à la paix tant désirée dans la justice ».
C’est dans le cadre de cet affrontement naissant et désormais endémique, entre l’Etat israélien et les Arabes palestiniens, que L. Massignon rêve pour Jérusalem d’un statut spécial, tel que semble le lui reconnaître une motion obtenue aux deux tiers de l’Assemblée des Nations Unies, mais qui ne sera, hélas !, jamais réalisée. Le 25 octobre 1948, il écrivait : « Si le principe de Jérusalem ville internationale était – ce qu’à Dieu ne plaise – mis en minorité à l’ONU, que resterait-il de la liberté et de l’honneur international des lieux saints qui sont non seulement d’origine juive, mais de condition chrétienne et musulmane depuis 1600 et 1300 ans respectivement ? », car, pour lui, Jérusalem devrait « être la métropole planétaire de l’ONU et la Palestine le ‘jardin d’enfants’ de l’humanité renaissante et réconciliée » . Et lui de se réjouir sans trop d’illusion de ce que la motion ait été adoptée grâce aux efforts de la France. Il écrivait, le 14 décembre : « L’ONU paraît avoir enfin compris la sagesse du jugement de Salomon ; mais les deux mères font les mauvaises mères et veulent couper l’enfant en deux. L’ONU, vendredi dernier, a voulu sauver la Ville Sainte par sa médiation ». Trente-huit Etats avaient alors voté « oui » avec la France, alors que certains autres accusaient l’ONU de « se perdre dans l’idéalisme à propos d’une ville sainte » et avertissaient la France que « ni elle ni les 37 nations ayant voté ‘oui’ avec elle ne pourront faire appliquer leur vote » . Pour lui, « disséquer » Jérusalem était une aberration : « Cela, je connais des Français qui ne l’accepteront jamais ; pour l’honneur même d’Israël, pour l’honneur même de l’Islam, qu’il n’est pas permis d’exciter, en restant muets, à cette sereine vivisection de la Ville Sainte entre toutes, sainte pour eux, sainte encore plus pour tous les chrétiens au seuil de cette Année Sainte ». On sait ce qu’il en est advenu !
L’année suivante, en 1949, suite à un communiqué délivré par le Comité chrétien d’entente France-Islam, L. Massignon devait s’exprimer sur « Israël et Ismaël » dans un long texte de ‘hauteur biblique’ où, invitant à transcender le plan d’une impossible résolution politique du conflit, il entendait activer l’internationalisation des Lieux saints, au titre du symbole même de l’hospitalité divine. Le texte affirmait : « A travers tous les régimes politiques, la France est constituée gardienne de la liberté des Lieux saints ; et elle a promis à ses neuf millions de citoyens musulmans français, en la personne du mufti El Assimi, qu’elle défendrait, devant les 50 nations de l’ONU, les droits de la conscience religieuse musulmane, comme ceux de la conscience chrétienne, à maintenir libres les hauts lieux de Palestine, en commençant par Jérusalem ». Plus tard, en novembre, L. Massignon expliquait pourquoi « Les Lieux saints doivent rester aux croyants » . Il venait d’y accompagner une mission de l’épiscopat de France pour y mesurer l’étendue des besoins des réfugiés palestiniens . « Pourquoi n’y aurait-il pas une internationalisation véritable des lieux saints ? », demandait-il à nouveau, et d’insister derechef pour une telle solution du problème. L. Massignon retournera à Jérusalem en janvier 1951 pour visiter les camps de réfugiés palestiniens dont il parlera encore dans son article « Le problème des réfugiés arabes de Palestine » , où il commente le rapport Aubey Eban pour conclure : « Pour être résolu selon la justice, le problème des réfugiés arabes doit être replacé dans le cadre du problème international des Personnes Déplacées (qui se pose toujours, bien que l’on vienne de liquider l’IRO). Et traité bibliquement, messianiquement, comme le problème des guêrim. Et c’est à Israël de donner au monde l’exemple d’une justice plus haute que celle des gentils : justifiant par cela même son retour ».
L. Massignon ne retourna à Jérusalem qu’en janvier et en décembre 1953, mais lors des nombreuses réunions de son association de la Badaliya, il n’eut de cesse de parler de Jérusalem, ‘ville trois fois sainte’, ainsi que des réfugiés palestiniens, et d’inviter les uns et les autres à prier pour une « paix sereine » entre musulmans, juifs et chrétiens. Il est mort en la nuit de la Toussaint 1962, pour entrer en cette « Jérusalem d’en haut », cité réconciliée dont il avait médité, d’une manière anticipée, la pleine réalisation des promesses abrahamiques chères aux musulmans, aux juifs et aux chrétiens. Que n’aurait-il pas dit ou écrit s’il avait survécu et été témoin attristé des nombreuses guerres israélo-arabes de 1967, 1973 et 1982, et de la suppression du quartier musulman, waqf algérien d’Abû Madyân, devenu une esplanade devant le « mur occidental » de l’esplanade du Temple, « le mur des lamentations », après l’occupation israélienne de Jérusalem Est ?
Il semble nous dire encore ce qu’il écrivait en 1949 : « Les chrétiens, que viennent-ils faire en Palestine ? Nous sommes ceux pour qui Abraham a offert un sacrifice, le sacrifice de son fils pour les Gentils. Il a prié pour nous, il s’est engagé par un certain pacte ; invoquer ce patriarche est peut-être la seule solution, non seulement du problème de la justice en Terre sainte, mais de la paix et de la justice dans le monde. Cet homme de ‘tous les commencements’ comme l’appelait Léon Bloy, c’est aussi l’homme de tous les achèvements parce que Dieu ne change pas, il continue les mêmes moyens » que sont la prière, le jeûne, l’aumône et le pèlerinage, et surtout le sacrifice, car « celui d’Isaac s’est trouvé réalisé par le Christ ». Il n’est donc interdit à personne de rejoindre L. Massignon en son amour démesuré pour la ‘Jérusalem de toute les nations’, lui qui disait paradoxalement : « Le Dieu unique, le seul que l’on puisse vénérer à Jérusalem, qui est la ville exclusive, ce n’est pas une divinité quelconque comme à Lhassa ou à Bénarès : c’est le Dieu jaloux d’Israël. C’est le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le législateur de la nation juive, et Sion est la seule ville au monde où Israël qui est mort puisse ressusciter. Il y va, il a raison, et nous autres, chrétiens, savons pourquoi, car c’est la ville de la Résurrection, de la résurrection d’un homme juif, mort pour Israël, sur qui toute notre vie est fondée ».

Père Maurice Borrmans,

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professeur émérite du Pontificio Istituto di Studi Arabi e d’Islamistica de Rome



 


Conférence de Mgr William Shomali

 

1er décembre 2014 2014

Situation des chrétiens en Terre Sainte, prononcée le 23 novembre 2014 en l’église Notre-Dame de Versailles.

Vicaire Patriarcal latin de Jérusalem, Mgr William Shomali a été accueilli par le vicaire général du diocèse de Versailles, le père Patrick Bonafé et le curé de la paroisse Notre-Dame, le père Guy Cordonnier.
Retrouvez la vidéo de cette conférence



 


Une Eglise fidèle

 

1er mai 2010 2010

Le 14 mai 2009, le Saint-Père a présidé les vêpres dans la Basilique de l’Annonciation à Nazareth en présence des évêques, des prêtres, des religieux et religieuses, des mouvements ecclésiaux et des responsables de la pastorale en Galilée. Dans son homélie, Benoît XVI a exhorté les chrétiens à avoir le "courage" de rester en Terre sainte et de demeurer unis. Le pape a considéré les chrétiens du Moyen-Orient comme des "artisans d’une réconciliation véritable" entre les 3 grandes religions monothéistes.

...Ce qui est arrivé ici à Nazareth, loin des yeux du monde, est un acte singulier de Dieu, une intervention puissante dans le cours de l’histoire, par laquelle un enfant a été conçu pour apporter le salut au monde entier...

...Quand nous réfléchissons sur ce mystère joyeux, cela nous met dans l’espérance, dans l’espérance certaine que Dieu continue à nous rejoindre dans notre histoire, qu’il continue d’agir avec une puissance créatrice afin d’atteindre des buts qui, à vues humaines, semblent impossibles...

Dans l’État d’Israël et dans les Territoires Palestiniens, les Chrétiens sont une minorité de la population. Peut-être vous arrive-t-il parfois de penser que votre voix compte peu. Un grand nombre de vos frères chrétiens ont émigré, espérant trouver ailleurs plus de sécurité et de meilleures perspectives

Votre situation fait penser à celle de la jeune Vierge Marie, qui menait une vie cachée à Nazareth, avec bien peu de moyens humains en termes de richesse et d’influence. Et pourtant, si nous reprenons les paroles de Marie dans son splendide hymne de louange, le Magnificat, Dieu a jeté les yeux sur l’abaissement de sa servante, il a comblé de biens les affamés.

Puisez force dans les paroles de ce cantique de Marie que nous allons chanter dans un instant en union avec l’Église tout entière à travers le monde ! Ayez le courage d’être fidèles au Christ et demeurer ici, sur cette terre qu’il a sanctifiée par sa présence ! Comme Marie, vous avez un rôle à jouer dans le plan de salut de Dieu, en rendant le Christ présent dans le monde, en étant ses témoins, et en répandant son message de paix et d’unité.

Pour cela, il est essentiel que vous soyez unis entre vous, afin que l’Église en Terre Sainte puisse être clairement reconnue comme « le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (Lumen gentium, 1).

Votre unité dans la foi, l’espérance et l’amour est un fruit de l’Esprit Saint qui demeure en vous, et qui vous rend capables d’être des instruments efficaces de la paix de Dieu, pour être les artisans d’une réconciliation véritable entre les différents peuples qui reconnaissent en Abraham leur père dans la foi. Car, ainsi que Marie le proclamait joyeusement dans son Magnificat, Dieu se souvient toujours de « son amour, de la promesse à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race à jamais » (Lc 1, 54-55) !

Chers amis dans le Christ, soyez assurés que je me souviens de vous constamment dans mes prières, et je vous demande de faire de même pour moi. Tournons-nous maintenant vers notre Père céleste, qui en ce lieu, s’est penché sur son humble servante, et chantons ses louanges en union avec la bienheureuse Vierge Marie, avec tous les chœurs des anges et des saints, avec toute l’Église aux quatre coins du monde !

Basilique supérieure de l’Annonciation - Nazareth
Jeudi 14 mai 2009



 


Une Eglise souffrante

 

30 octobre 2015 2015

Après vingt siècles de présence ininterrompue, les Chrétiens de Terre sainte vivent aujourd’hui dans un drame interminable, déclare S.B. Fouad Twal, Patriarche Latin de Jérusalem.

Après vingt siècles de présence ininterrompue, les Chrétiens de Tere sainte vivent aujourd’hui dans un drame interminable :

1) DECLIN DEMOGRAPHIQUE. La présence des Chrétiens, toujours maintenue malgré les aléas de l’Histoire, est aujourd’hui clairement menacée. En 1922, ils étaient 72000 soit 10% de la population, pour 80 000 Juifs et 600 000 Musulmans. Aujourd’hui, ils ne représentent plus que 1,6% soit 180 000 pour 5 millions de musulmans et 5,5 millions de Juifs.Chaque année, l’émigration réduit leur poids.

2) DIVISION. Il y a 80 000 orthodoxes « Grecs », 60 000 grecs catholiques « melchites », 27 000 catholiques latins. Il faut y ajouter des petits groupes d’Orientaux séparés, Arméniens, syriaques, coptes et Ethiopiens. Enfin, il faut mentionner les toutes petites communautés catholiques : maronites ,chaldéens, arméniens et hébraophones, et quelques anglicans et luthériens.

3) MARGINALISATION. En Israël, les arabes sont 1,5 million (22%), et les chrétiens une goutte d’eau : 117 000, (1,6%). Ils sont défavorisés en termes de santé, d’habitat et d’aide agricole. Ils sont parfois persécutés dans les villages où ils sont minoritaires(Druzes). Dans les Territoires palestiniens, ils sont une minorité infime dans une mer musulmane en forte croissance : 1,5%

4) INSECURITE. En Palestine, ils sont victimes comme les autres de l’occupation militaire, des violences, des confiscations de terres et de maisons, et, parfois de la pression islamiste.( Gaza). Le mur de séparation constitue un véritable drame : époux, parents et enfants séparés, accès aux soins et aux services sociaux interdits, humiliations et appauvrissements quotidiens, etc.

5) PAUVRETE. Taux de chômage dans les Territoires : Plus de 40%. 57% sont au dessous du seuil de pauvreté, 44% dans le dénuement absolu, (60% à Gaza). Le revenu moyen est de 1500$ en Israël et de 300$ en Palestine (210 Euros).

6) DESESPOIR. Les Chrétiens n’ayant ni égalité de droits, ni conditions de vie décentes, ni stabilité sociopolitique, émigrent depuis longtemps, mais cela ne fait que s’accentuer. Ils rêvent de sécurité, d’emploi, de logements, d’éducation. Les jeunes et les meilleurs émigrent, le cœur gros. A Jérusalem, ils ne seront plus que 5OOO, si nous n’aidons pas les jeunes couples à se loger.

7) ESPERANCE. « Nous sommes une Eglise vivante. Nous sommes une communauté de pierres vivantes qui garde les Monuments de l’Histoire du Salut. Nos églises sont vivantes de Foi, nos écoles, nos hôpitaux, nos projets d’habitat, nos œuvres sociales et charitables sont parmi les meilleurs de la Région ».

8) L’ESPERANCE. L’Eglise catholique, latins, grecs et autres compte 170 paroisses, 118 écoles, 64000 élèves de toutes confessions, 15 foyers d’enfants abandonnés, handicapés, plusieurs maisons de retraites et institutions charitables.
Mais elle est sans ressources locales et attend tout de nous.

S.B. Fouad Twal, Patriarche Latin de Jérusalem.



 


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