Oeuvres de l’ordre équestre du Saint-Sépulcre en France
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Les Reliques de la Passion

La Couronne d’Épines du Christ, un morceau de la Sainte Croix et un clou de la Crucifixion, autres reliques de la Passion, font partie du trésor de la Cathédrale Notre-Dame de Paris.
Chaque vendredi de Carême, le premier vendredi de chaque mois et toute la journée du Vendredi Saint, les fidèles sont nombreux à venir vénérer la Couronne d’Épines du Christ. C’est un cercle de jonc marin tressé, de vingt-et-un centimètres de diamètre, contenu dans un anneau de cristal transparent, rehaussé d’or.


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  • 9 juillet 2010
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Les longues et dures épines, qui avaient été fichées dans le cercle végétal en ont aujourd’hui disparu. Soixante-dix épines, dont la provenance est attestée avec sûreté, répertoriées avec précision, ont été données à divers sanctuaires ou couvents en France et dans le monde par les empereurs de Constantinople et les rois de France.

Spirituellement, la couronne est le signe de la Royauté du Christ. Détournée en emblème de dérision par les soldats de Pilate, elle est un signe expressif de ses souffrances morales et physiques.

Cette couronne est conservée à Paris.

Depuis 1804, elle est confiée aux Chanoines du Chapitre de Notre-Dame et placée sous la garde statutaire des Chevaliers du Saint Sépulcre de Jérusalem.

Entre les vénérations, la Sainte Couronne est entreposée dans un reliquaire situé dans la Chapelle absidiale de la Cathédrale, Chapelle Notre-Dame des Douleurs, devenue Chapelle Capitulaire de l’Ordre du Saint Sépulcre.

Notre Saint-Père, le Pape Benoît XVI a vénéré la Sainte Couronne le 12 septembre 2008.

Lors de leur visite ou pèlerinage à Notre-Dame, plusieurs Patriarches ont demandé à s’incliner devant la Couronne d’Épines, ainsi que de nombreuses personnalités.

- La Sainte Couronne de Jérusalem à Constantinople

L’Évangile selon saint Jean (19, 1-2) indique : « Pilate prit alors Jésus et le fit flageller. Les soldats, tressant une couronne avec des épines, la lui posèrent sur la tête, et ils le revêtirent d’un manteau de pourpre ».

La Croix, la Couronne d’Épines et les autres reliques de la Passion du Christ sont restées cachées à Jérusalem pendant les premiers siècles des persécutions. Puis, l’empereur Constantin, converti au christianisme, accorde à l’Église la liberté et la paix. Sa mère, sainte Hélène, sachant que, suivant l’usage juif, les instruments d’un supplice restent près du tombeau du supplicié, découvre ainsi la Croix du Christ en 326. Cette découverte est appelée « l’invention de la Sainte Croix ». Puis sainte Hélène recueille d’autres reliques de la Passion conservées par des familles chrétiennes qui se les étaient transmises.

Par crainte d’une invasion des Perses, certaines reliques commencent à être transférées de Jérusalem à Constantinople, capitale de l’Empire romain d’Orient. On ignore la date exacte du transfert de la Couronne d’Épines à Constantinople. Mais il est sûr que, lorsqu’en 614 Jérusalem est conquise par les Perses, la Sainte Couronne n’y est déjà plus. Les Perses brûlent l’église du Saint Sépulcre, emportent comme trophées la Sainte Croix et d’autres reliques.

- De Constantinople à Venise, puis Paris

En 1204, la quatrième croisade est destinée à délivrer les Lieux Saints, retombés aux mains des Musulmans. Mais les Vénitiens la détournent vers Constantinople. La ville est pillée. Heureusement, les reliques de la Chapelle palatine du Phare en réchappent. Elles sont attribuées au nouvel empereur latin de Constantinople élu par les Croisés, Baudouin Ier de Courtenay.

Mais cet empire latin est fragile. Il frôle la banqueroute. Le successeur de Baudouin Ier, le jeune Baudouin II de Courtenay, va en France demander le secours du roi. Il propose à Louis IX (le futur saint Louis) de lui engager la Sainte Couronne contre une aide financière importante. Saint Louis accepte. Il achète la Sainte Couronne pour une somme équivalent à la moitié du budget annuel du Royaume. La relique quitte Venise pour la France.

Quand elle arrive près de Sens, à Villeneuve-L’Archevêque, le roi y vient la recevoir, le 10 août. Voici le récit de Gauthier Cornut, archevêque de Sens : « Après avoir vérifié soigneusement les documents accompagnant la relique, parmi lesquels l’engagement de la Couronne à Nicola Quirino, document qui figure à l’exposition, le roi, ayant constaté l’intégrité des sceaux du coffre de bois dans lequel elle a été transportée, puis ouvert la cassette d’argent et, enfin le réceptacle d’or dans lequel elle était abritée, put la montrer à tous : ce fut la première ostension de la Couronne en France ».

Le lendemain, 11 août, la Couronne, portée sur leurs épaules par le Roi et le plus âgé de ses frères, tous deux pieds nus en signe d’humilité, est conduite en procession jusqu’à la cathédrale de Sens. Elle est solennellement accueillie à Paris le 19. Après une longue procession, avec des foules considérables, elle est placée dans la cathédrale Notre-Dame, à titre provisoire. Saint Louis décide de faire construire une nouvelle chapelle pour l’abriter. Ce sera la Sainte-Chapelle. Elle est consacrée en 1248.

Entre temps, le roi réussit à acquérir d’autres reliques de la Passion entreposées à Constantinople. Le 30 septembre 1241, il accueille à Paris la Vraie Croix et sept autres reliques ; puis neuf autres reliques en 1242.

- Paris, la paix et la tourmente

La Sainte-Chapelle se compose de la chapelle haute et de la chapelle basse, toutes deux ornées de vitraux splendides. Saint Louis fait placer les reliques dans la chapelle haute, dans une « Grande Châsse » sur une tribune située en hauteur, derrière l’autel. Cette tribune existe encore de nos jours. Les reliques y sont vénérées avec dévotion pendant cinq siècles et demi.

Une menace s’annonce en 1789. La Révolution française est anticléricale dès son début. Le 2 novembre 1789, l’Assemblée Constituante déclare que les biens du clergé sont mis à la disposition de la Nation. Louis XVI considère les reliques de la Sainte-Chapelle comme un bien royal. Il les fait transférer à l’Abbaye royale de Saint-Denis, le 12 mars 1791. Elles y resteront deux ans et huit mois. Le 12 novembre 1793, le Trésor de Saint-Denis, entassé dans des chariots, est conduit à la Convention et offert « à la Patrie en danger ». Tous les reliquaires de la Grande Châsse sont envoyés à la fonte, à l’exception de deux éléments du reliquaire de la Pierre du Sépulcre, aujourd’hui au musée du Louvre.

A son tour, le reliquaire de la Sainte Couronne est envoyé à la fonte le 25 avril 1794. La Couronne nue est remise à la Commission temporaire des Arts, comme un vestige pouvant intéresser les historiens ; elle est versée au Cabinet des médailles de la Bibliothèque Nationale. Au même moment, la Vraie Croix est dépouillée des matières précieuses dont saint Louis l’avait fait revêtir. Puis on perd sa trace.

Dix ans plus tard, le 28 octobre 1804, le chanoine Paul d’Astros, du chapitre de Notre-Dame, reçoit au Cabinet des médailles de la Bibliothèque Nationale les quelques reliques qui y ont été déposées pendant la Révolution. Mais les reliquaires ont été détruits. Les reliques remises au chanoine tiennent toutes dans un simple carton. Leur liste comprend six reliques de la Passion : la Couronne d’épines, deux petits morceaux de bois, une fiole de cristal contenant du Saint Sang, comme l’affirme une étiquette ancienne rédigée en latin, un morceau de la relique de l’Éponge et une pierre provenant du Sépulcre du Christ. Étaient également rendues au chanoine la Chemise et la Discipline de saint Louis, encore abritées aujourd’hui dans le Trésor de la cathédrale Notre-Dame.

En 1806, elle est placée dans un anneau de cristal et dans un grand reliquaire offert par Napoléon Ier. L’anneau de cristal et d’or qui l’abrite aujourd’hui a été réalisé en 1896.

Le chanoine d’Astros fait expertiser par un ancien chanoine de la Sainte-Chapelle les deux petits morceaux de bois qui lui ont été remis en 1804. Verdict : ils proviennent de la balustrade de la tribune construite pour la Grande Châsse, et non de la Croix du Christ. En revanche, un autre morceau de bois s’avère plus intéressant. C’est un fragment du bois de la Croix. Il a été prélevé sur la relique de la Vraie Croix de la Sainte-Chapelle lors de la destruction du reliquaire en 1794. Le donateur est Jean Bonvoisin, ancien membre de la Commission temporaire des Arts. Il déclare : « Ce morceau précieux de la Vraie Croix […] est un débris de celle de la Sainte-Chapelle de Paris, qui fut sciée pour en retirer l’or dont elle était en partie couverte. Elle était alors en morceaux plus ou moins grands que celui-ci ; et comme on paraissait faire fort peu de cas de ces objets sacrés, surtout en l’état où ils étaient, on me laissa prendre, sur la table où les membres de la Commission les avaient examinés, ce morceau que je m’empressais de remettre à ma mère, qui, après l’avoir conservé jusqu’à présent avec vénération, se fait un devoir, ainsi que moi, de la remettre au chapitre de la dite église ».
Les archives capitulaires de Notre-Dame conservent une expédition du procès-verbal de vérification de la relique en date du 12 avril 1808. Il repose sur la déclaration de Jean Bonvoisin et de sa mère. Le fragment est un parallélépipède de bois résineux, long de vingt-quatre centimètres, large de plus de quatre, épais de plus de trois et comportant à l’une de ses extrémités une mortaise destinée à son encastrement. Or, ces dimensions sont exactement celles de chacun des deux bras de la traverse inférieure de la Croix de la Sainte-Chapelle. Le cardinal de Belloy a fait faire pour lui un écrin de cristal. Ce morceau de la Croix s’y trouve toujours.

- La valeur religieuse des reliques

Monseigneur Patrick Jacquin, Recteur-Archiprêtre de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, membre de l’Ordre du Saint Sépulcre de Jérusalem, rappelle que ces reliques sont des objets qui font partie du mémorial de la Passion du Christ et qui sont, indirectement, des instruments de notre salut.

Ce sont aussi des sources de grâces spéciales. Depuis plusieurs années, leur vénération réunit régulièrement des foules de fidèles catholiques et orthodoxes.

Le respect que nous portons aux Saintes Reliques ne répond pas à un article de la Foi, mais leur vénération est un acte de dévotion des croyants. Paris est, grâce à saint Louis, une des rares villes à avoir la chance de conserver de tels témoignages de la vie et de la mort du Christ. Le succès des vénérations à la cathédrale Notre-Dame, qui est allé en s’élargissant ces dix dernières années, montre combien ce privilège est apprécié.

Cet article est tiré du livre La France et la Terre Sainte, réalisé par la Lieutenance de France, pages 57 à 66, édition Parole et Silence.
Ce livre peut être acheté au secrétariat de l’Ordre du Saint Sépulcre
112 ter avenue de Suffren
75015 Paris

Pour vénérer la Sainte Couronne d’Épines :

lien vers le site de Notre Dame

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